2 juillet 2015

Un économiste dans le jardin de Virginia



Angelica Garnett, Vanessa et Clive Bell, Virginia Woolf, John Maynard Keynes,
devant l’atelier de Virginia Woolf au fond du jardin de Monk’s House, en 1935



« Thé avec les Keynes. Maynard sest fait arracher une dent mais s’est montré très bavard. Par exemple : “Oui, jai passé trois semaines en Amérique. Un climat impossible. Une véritable collection de tous les défauts des autres climats. Cela étaie ma théorie des climats. Personne ne peut produire quelque chose de grand en Amérique. On transpire toute la journée et la saleté vous colle au visage. Les nuits sont aussi chaudes que les jours. Personne ne dort. Tout le monde doit se démener toute la journée à cause du climat. Je dictais mes articles directement. Je me suis senti parfaitement bien jusquà mon départ.” De là, il passe à la politique allemande . “Ils font quelque chose de très bizarre avec leur argent. Je ne peux pas définir quoi, exactement. Cela tient peut-être à ce que les Juifs emportent leurs capitaux. Voyons un peu : si deux mille Juifs emportent chacun deux mille livres. En tout cas, ils narrivent pas à payer leurs factures du Lancashire. Les Allemands ont toujours acheté leur coton en Égypte et le font filer dans le Lancashire. La note nest pas tellement élevée, seulement un demi-million, mais ils ne peuvent pas payer. Par contre, ils narrêtent pas dacheter du cuivre. Pour en faire quoi ? Des armements à coup sûr. Voilà un des exemples classiques du commerce international. Vingt mille personnes sans emploi. Mais naturellement, il y a quelque chose derrière tout ça. Quelle est la cause de la crise financière ? Ils font certainement une bêtise. Le Trésor ne contrôle pas les soldats.” »
Virginia Woolf, Journal dun écrivain, Lundi 7 août 1934  




http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/John%20Maynard%20Keynes


n°468

25 juin 2015

Vater und Sohn






Une première édition française intégrale de Vater und Sohn d’e. o. plauen, alias Erich Ohser, par les bons soins des éditions Warum (l’objet est magnifique) qui m’avait demandé un petit texte d’introduction.


http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Erich%20Ohser


n°467

22 juin 2015

La seleção



Alvarus, J. Carlos, 1950


Alvarus, Théo, 1950




Les dessinateurs brésiliens Théo et J. Carlos ont souvent été mis à l’honneur dans cette colonne :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Théo
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/J.Carlos
En 1950, leur collègue et ami Alvarus (Álvaro Cotrim, 1904-1985) leur rendit hommage.

http://www.escritoriodearte.com/artista/alvaro-cotrim/


1941


n°466

18 juin 2015

Lignes et Linage



Linage, Caras y Caretas, 1926



Eduardo Linage, né en Espagne en 1901, s’installe à Buenos Aires en 1925 où il fut un des plus fameux collaborateur de Caras y Caretas, y animant Las Desenventuras de Maneco à partir de 1932.
http://sonrisasargentinas.blogspot.fr/2011/07/maneco-el-chanta-porteno.html
https://bibliapobre.wordpress.com/2012/02/16/la-sociedad-como-obstaculo/



n°465

15 juin 2015

Famille maternelle



Robert, Bernard, Hélène & Madeleine Schnerb, Chalon-sur-Saône avril 1933
photographiés par Pierre Liebschütz


n°464

9 juin 2015

Metropolis



Th. Th. Heine, Simplicissimus, 27 janvier 1927



Aussitôt après la sortie de Metropolis le 10 janvier 1927, Th. Th. Heine se charge d’en rendre compte auprès des lecteurs du Simplicissimus.




n°463

5 juin 2015

Allemagne-Portugal



Emmérico Hartwich Nunès, Meggendorfer-Blätter, 11 novembre 1926




Première apparition d’Emmérico Hartwich Nunès ici : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Emmérico%20Nunes



Emmérico Hartwich Nunès, Meggendorfer-Blätter,  13 janvier 1927

Emmérico Hartwich Nunès, Meggendorfer-Blätter, 20 janvier 1927

Emmérico Hartwich Nunès, Meggendorfer-Blätter, 28 avril 1927

Emmérico Hartwich Nunès, Meggendorfer-Blätter, 28 octobre 1926


n°462

3 juin 2015

Un tout autre Kirchner



Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 2 septembre 1926



Né en 1865, Eugen Kirchner tenait un tout premier rôle dans le Meggendorfer-Blätter, fondé en 1889 par le dessinateurLothar Meggendorfer, avec Joseph Mauder, Eugen Croissant et ou Emmerico Nunes, puis dans le Fliegander Blätter après leur fusion en 1929. Sa carrière était alors bien affirmée, il suffit pour s’en convaincre de se reporter au blog animé par Thierry Robin : http://illustrationsvp.blogspot.fr/search/label/Eugen%20Kirchner



Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 1er juillet 1926


Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 7 octobre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 2 juin 1927

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 2 décembre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 3 mars 1927

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 4 novembre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 6 janvier 1927

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 11 novembre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 21 octobre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 28 octobre 1926

Eugen Kirchner, Meggendorfer-Blätter, 30 septembre 1926



n°461

14 mai 2015

Les Trois Gros






« J’ai écrit ce livre quand j’étais tout jeune, à l’imprimerie du journal où je travaillais, dans un minuscule box que je partageais avec Ilf. J’écrivais couché par terre, sur un gros rouleau de papier typo. Il roulait sur moi, je le retenais d’une main… de l’autre j’écrivais. C’était très amusant… »

Iouri Olécha se signala sur la scène littéraire soviétique avec Les Trois Gros publié en 1924, âgé de vingt-cinq ans, avec l’ambition de « révolutionner le conte ». Il s’agit en tout cas d’un conte révolutionnaire humoristique et métaphorique accompagné de nombreuses gravures sur bois de Vladimir Ivan Kozlinski (1891-1967) dont nous savons seulement qu’il illustra aussi Maïakovski — dont Olécha était très proche comme il en témoigne dans Le Livre des adieux
« Avec Maïakovksi, cest un juge qui sen est allé. La responsabilité de lécrivain était plus terrible de son vivant. On écrit pour le lecteur, pour le temps, mais on écrit aussi pour entendre les compliments dun maître que lon craint. […] J’ai fait la connaissance de Maïakovski en 1928. Mes rencontres avec lui se sont faites plus fréquentes la dernière année de sa vie. Qu’est-ce qui me frappait en lui ? Tout d’abord son physique. Sa taille, son visage, ses yeux. Un jour, entre écrivains, nous cherchions à donner une définition des yeux de Maïakovski. Quelqu’un dit : des yeux fourchus. C’est vrai, il avait le yeux fourchus. Sa taille, ses épaules, ses yeux, sa voix, son élégance. Il aimait les objets, les vêtements, les stylos-billes, les chaussures. Il faisait attention à son aspect, shabillait bien, aimait les grosses chaussures de bonne qualité, les gilets, les montres. »




V. I. Kozlinski, Les Trois Gros

V. I. Kozlinski, Les Trois Gros

V. I. Kozlinski, Les Trois Gros

V. I. Kozlinski, Les Trois Gros


n°460

7 mai 2015

Alfred Schreyer & Bruno Schulz







Alors que les éditions L’Âge d’homme publie l’intégralité de l’œuvre littéraire de Bruno Schulz pour la première fois par un même traducteur Alain Van Crugten, Alfred Scheyer, qui fut son élève au lycée Ladislas Jagellon à Drohobycz, et qui ne cessa toute sa vie de perpétuer la mémoire de son cher professeur assassiné en 1942, est mort le 25 avril dernier, à l’approche de ses 93 ans. Rescapé de la Shoah, il vécut toute sa vie à Drohobycz, en Pologne, et mena une vie de musicien jusque dans ses derniers jours, jouant du violon et chantant dans toutes les langues de cette région qui connut tant de bouleversements au cours du XXe siècle.


Alfred Schreyer




n°459

4 mai 2015

Mulholland’s drawing



C. J. Mulholland, Motion Picture Magazine, octobre 1928

C. J. Mulholland, Motion Picture Magazine, mai 1930



C. J. Mulholland ne serait-il plus lui-même qu’un fantôme qui ne hanterait aucun château ? En tout cas sous ce nom, rien de sa mémoire n’est accessible pour le moment.




n°458

29 avril 2015

D’autres temps (ou pas)



Hermann Wilke, Ulk, 18 décembre 1925
liberté de la presse, parlementarisme, constitution



n°456

27 avril 2015

Nouvelle invitation au cinéma



Motion Picture, septembre 1930, John Held, Jr

Motion Picture, juin 1930

Motion Picture, mai 1930

Motion Picture, juillet 1930, Julian de Miskey
Julian de Miskey


Julian de Miskey, né en Hongrie en 1898, émigra aux États-Unis à seize ans avant de devenir un pilier du New Yorker pour lequel il signa soixante-douze couvertures, dès le numéro 4 en 1925, jusqu’à sa dernière en 1959.
http://www.papillongallery.com/julian_de_miskey.html

Séances précédentes :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Paramount
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2015/03/allons-encore-au-cinema.html
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2014/12/metro-goldwin-mayer.html
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Paramount


n°455

22 avril 2015

Politique au goût bulgare



À la mode de Moscou
(“Société bancaire” est rayé au profit de “Société charitable”)




Raiko Alexiev, né le 7 mars 1893 à Pazardjik en Bulgarie, étudie la littérature à l’université de Sofia et la peinture à l’Académie des beaux-arts, collabore au Tambour, au Masque, à Zora, fonde l’hebdomadaire Le Grillon en 1932. Il présida également l’Union des artistes. Ses caricatures n’épargnaient aucune dictature, et son hostilité à Staline lui valut d’être arrêté et torturé, accusé d’intelligence avec l’ennemi quand la Bulgarie devint un satellite de l’URSS suite au coup d’État du 9 septembre 1944, après qu’il eut refusé de s’exiler malgré l’insistance de sa famille. Il mourut des suites de ses blessures le 18 novembre 1944. 
Raiko Alexiev fut entièrement réhabilité après 1989.



À la plage des moissons

Saint Georges et le dragon

Voilà la révolution (en russe et non en bulgare) 
Staline, à Trotski, Kamenev, Zinoviev et Boukharine :
 — Ne soyez pas pressés, il y a de la place pour tout le monde.

Mars
Nicolas Mushanov (ministre bulgare des affaires étrangères de 1931 à 1932)
face à Constantin Muraviev, Dimitar Gichev et Staline prêts à déchirer la fourrure de la démocratie.  

Perquisition

Différents axes 
“ Comme ils ont croisé les axes de la charrette européenne,
immobile, elle va grincer ou elle va tomber au fond du gouffre. ”

Dimitrovden (Saint Dimitar)
Staline : — C’est pénible de servir de riches maîtres. Ils te font même sortir les marrons du feu.



Raiko Alexiev



« Beaucoup dautres artistes caricaturistes ont eu un destin semblable à cette époque. 
Grâce au dessinateur Aleksander Bojinov, naissent les personnages les plus célèbres de la bande dessinée bulgare, Petar le malin et Pijo et Pendo, qui font partie du folklore bulgare et sont toujours très appréciés et aimés des lecteurs. Malgré cela, il fut une victime de la violente répression du régime. Jugé par le tribunal public communiste, Bojinov est emprisonné dans un camp de concentration avec les célèbres dessinateurs de la bande dessinée bulgare, considérés comme “ennemis du peuple”, Raiko Alexiev, Boris Denev, Sirak Skitnik, Nikola Tanev (apprenti de Claude Monet) et Konstantin Shtarkelov. »




Merci à Svetlana pour cette découverte et pour les traductions.



n°454