8 janvier 2020

Un Russe blanc à Hollywood





Dans dans Le commissaire du port, le premier texte de Féodossia (1925), Ossip Mandelstam évoque la figure d’Alexandre Alexandrovitch Novinski. En voici l’incipit :
« Sa tunique blanche empesée, héritage de l’ancien régime, le rajeunissait de façon étonnante et le réconciliait avec lui-même : la fraîcheur d’un collégien et la fermeté du chef, tel était l’alliage qu’il estimait dans son personnage et qu’il redoutait de perdre. […] » 

Une note en bas de page nous apprend qu’il est « mort à Hollywood où il était devenu artiste de cinéma ». Remarquons qu’il figure dans Une nuit à l’opéra et dans Monsieur Smith au Sénat.






n° 536




24 décembre 2019

Ozu & Oberlé





Couverture de Jean Oberlé que l’on retrouve dans « Où sont les rêves de jeunesse » de Yasujiro Ozu (1932), d’après la pièce de Meyer-Förster déjà portée à l’écran par Lubitsch dans « Le Prince étudiant » (1927). 






n° 532

25 novembre 2018

28 octobre 2018

1920’s





Après les années 30 (527), les années 20 vues depuis les années 50 par Saul Steinberg.
(merci Thierry Dalby)


n°528

7 juin 2018

1930’s



Saul Steinberg, Change of Mind 1900-1950, 1930’S, Vogue (1950)


Daniel Bueno me fournit l’occasion de réactiver ce blog en sommeil. Que Saul Steinberg en soit l’heureuse cause n'est sûrement pas dû au hasard. En quelque sorte, ce dessin résume l’ensemble des cinq cent vingt-six précédentes publications.


n°527


11 novembre 2017

Un Mexicain au Nouveau Mexique



Miguel Covarrubias, Woman with Squash Blossom Necklace (Tao, Nouveau Mexique, 1929)


La page facebook Miguel Covarrubias ne cesse de dénicher de petits trésors.  


n° 526



23 juin 2017

Le séjour au Brésil se poursuit



1922


1922


Daniel Bueno s’y entend pour nous faire découvrir des artistes de premier ordre, pas seulement des compatriotes comme ici Di Cavalcanti (Emiliano Augusto Cavalcanti de Albuquerque e Melo, né et mort à Rio de Janeiro, 1897-1976), connu essentiellement par sa peinture. Glauber Raucha lui a consacré un documentaire en 1977, à l’occasion de ses funérailles.
http://sib.org.br/coluna-sib/o-ilustrador-di-cavalcanti/


n° 524


19 juin 2017

Retour au Brésil avec J. Carlos



J. Carlos, Namoro à sombra, 1936



J. Carlos, 1935





source : encore et toujours Norman Schmidt et Daniel Bueno



n°523


8 avril 2017

Derniers verres au café Le Tournon



Andrea Manga Bell



« Comme toujours, le poète est installé à une table d’angle face au bar et sa théorie de bouteilles. Il penche légèrement le buste sur une feuille de papier et un verre d’eau. Seuls les initiés savant que le verre d’eau contient en réalité  du sliwowitz.
Chaque fois que Roth a écrit une phrase un peu longue, il l’arrose d’une bonne gorgée ; aussi, le verre plein de sliwowitz se vide-t-il avec la même lenteur inexorable que le papier vierge se noircit de sa petite écriture élégante et soignée. C’est sa façon de travailler, nuit et jour. Il vient de terminer son nouveau roman, La Crypte des Capucins, qui fait suite à sa brillante Marche de Radetsky. Les traditions de l’Autriche impériale survivent en lui et à travers lui, et il ne manque jamais une occasion de rappeler que, durant la Première Guerre mondiale, il avait été officier des armées impériales. J’ai fait sa connaissance au cours de séjours qu’il fit à Vienne. Il vécut en Allemagne jusqu’en 1933, et planta ensuite sa tente à Paris.
Comme toujours lorsqu’une dame approche de sa table, il se lève avec une certaine solennité ; à peine peut-on percevoir un léger vacillement de son buste. Il s’incline tellement pour le baise-main, qu’on sent sur le dos de la main le contact des extrémités de sa moustache blonde, humide et rêche. Le regard légèrement voilé de ses yeux bleus se contente d’effleurer ses interlocuteurs ; puis d’un geste grandiloquent, il nous convie de prendre place à sa table. 
Roth est toujours entouré de deux disciples : son ami d’enfance, Soma Morgenstern, un écrivain populaire, originaire de Galicie, comme lui du reste, et une belle femme à la peau colorée qui l’accompagne dans son exil comme une ombre fidèle. 
Cette femme s’appelle Manga Bell, et elle est mariée à un chef ou à un roi du Cameroun français. On racontait que le roi en question s’obstinait à attendre le retour de la fugitive, et que, à Paris, les Noirs du Cameroun s’agenouillaient sur son passage quand par hasard ils la rencontraient dans la rue. »

Hertha Pauli, La Déchirure du temps



n° 521




5 avril 2017

Café viennois







« À l’époque où Vienne était encore la ville cosmopolite régie par la Maison des Habsbourg et le Roi de la Valse, le Café Viennois tenait aussi une place importante dans l’existence. […]

Au Café Herrenhof, autrefois, le prince Rodolphe de Habsbourg, héritier du trône, retrouvait incognito des journalistes à tendance libérale, et au Central, avant la Première Guerre mondiale, un certain M. Bronstein jouait sa partie d’échecs quotidienne, jusqu’au jour où il pénétra dans l’histoire du monde sous le nom de Léon Trotski. […]

Poète allemand vivant à Paris, Mehring était venu à Vienne en 1934 dans l’intention d’y passer quelques jours, et il y était resté en fait quelques années. Au début, il n’avait pas daigné répondre à nos questions inspirées pourtant par la courtoisie, concernant ses œuvres. Et finalement, nous fûmes officiellement présentés l’un à l’autre au cours d’un réception mondaine : il me regarda en riant.
— Ah ! c’est vous, le “Correspondant autrichien” ?…
Il avait eu l’intention d’esquiver des messieurs officiels, mais pas une jeune femme tout-ce-qu’il-y-avait-de-plus-inofficielle. Aujourd’hui encore, il lui arrive de mentionner l’immense chapeau garni de rubans que je portais alors.
— Cette fois, il est plus que temps que tu te sauves ! lui lançai-je dans le café.
Il était en tête de la liste d’extradition dressée par Goebbels, ce qui d’ailleurs l’emplissait de fierté. »

Hertha Pauli, La déchirure du temps


Hertha Pauli



n° 520