22 juillet 2016

C’est trop loin le Pérou


Julio Málaga Grenet (1886-1933)


C’est Carlos Nine qui m’a montré le travail de Málaga Grenet pour la première fois, il y a douze ans, à Olivos dans les environs de Buenos Aires. Grâce lui soit rendue, et pas seulement pour cette découverte. 



gracias José Gabriel Zarate

18 juin 2016

Encore Marx



William Auerbach-Levy, Groucho & Harpo Marx


William Auerbach-Levy, Groucho Marx



En suivant la trace ténue de son collègue Louis Hirshman (voir n°503), en passant par leur goût commun pour les Marx Brothers, est apparu William Auerbach-Levy (1889-1964), Juif émigré de l’Empire russe lui aussi, qui étudia à New York et à Paris, collaborant au New Yorker et à Vanity Fair.




William Auerbach-Levy, George Gershwin


William Auerbach-Levy 


Eugene ONeill, William Auerbach-Levy, 1929



1947




n°504


15 juin 2016

Les bobines de Louis Hirshman



Louis Hirshman, 1931


Louis Hirshman, 


Louis Hirshman, 1940




Cette fiche wikipedia est la seule ressource visible sur internet qui donne des éléments biographiques : https://en.wikipedia.org/wiki/Louis_Hirshman




Louis Hirshman, 1937




Louis Hirshman est encore une découverte due à Norman Schmidt. Obrigado !



Louis Hirshman, The Factory, 1934




n°503

3 avril 2016

La mort de Circé



Paul Iribe (Angoulême 1889-Menton 1935), La Mort de Circé ou La Revanche du cochon, éditions François Bernouard, 1928






Paul Iribe, La Mort de Circé ou La Revanche du cochon 
Le nouveau né — Inutile de s’affoler, mais ça commence mal.

n°499

23 mars 2016

Une partie de campagne



André Dignimont, 1936



Dans Le Salon de l’Araignée, publié par Michel Lagarde en 2013, Emmanuel Pollaud-Durand présentait André Dignimont ainsi : « Les parents d’André Dignimont (1891-1965) le destinent au commerce mais, après des études en Angleterre et en Allemagne, il sinscrit à l’Académie Julian. Réalisant des décors de théâtre comme des intérieurs de bordels, cet ami de Bofa et Chas Laborde illustre plus de cinquante livres, avec une prédilection pour les marins, les mauvais garçons et les putains, qu’il considère avec sympathie. »




Sylvia Bataille face à la caméra de Claude Renoir (photo Éli Lothar ?)






n°497

1 mars 2016

15 février 2016

Lisbet à l’affiche



Lisbet Juel, 1929/30


Alors que le blog qui l’a dénichée propose Russell Patterson comme auteur, l’attribution de cette affiche à Lisbet Juel est certes hypothétique, mais bien des indices le laissent entendre si on se penche sur l’ensemble de son travail. Personne ne pouvait penser à l’attribuer Lisbet Juel faute de connaître son existence.
http://lisbetjuel.blogspot.fr/
De surcroît, les affiches de cinéma suédoises, dans ces années-là, étaient réalisées par des artistes du cru. 



n°495


1 février 2016

Les ciseaux de Wiggin







Aucune trace de Wiggin, auteur de ces couvertures du Literary Digest, magazine new-yorkais fondé en 1890 par Isaac Kaufmann Funk, qui vit son audience s’effondrer en grande partie à cause de ses calamiteuses prédictions concernant l’élection présidentielle, comme celle prévoyant la victoire du gouverneur du Texas Alfred Landon en 1936, contrairement à Gallup nouvellement créé annonçant la nouvelle victoire de Roosevelt, ce qui imposa les sondages d’opinion fondés sur des échantillons représentatifs. Les couvertures de Wiggin en 1936 ne parvinrent pas à enrayer ce déclin qui s’acheva en 1938 quand il fut absorbé par The Review of Reviews.













n°494

20 janvier 2016

La jeunesse de la musique ancienne



Arnold Dolmetsch, 1932



Si le renouveau de la musique ancienne doit beaucoup à Alfred Deller, Gustav Leonhardt ou Nikolaus Harnoncourt et leurs ensembles respectifs fondés dans les années cinquante, initiant un irrésistible bouleversement, Arnold Dolmetsch (1858-1940) avait compris bien auparavant que la musique Renaissance et baroque devait être redécouverte, reconsidérée, et pour celle qui était encore jouée, que les interprétations se départissent des usages accumulés au XIXe siècle selon les codes romantiques. 










n°493

17 janvier 2016

Joseph Constantinowsky, alias Joseph Constant



Joseph Constant, La garde rouge, 1920


Les jours passent. Nous courons partout, recommandés à l’un, à l’autre. Et mon frère reste dans la cave, et sa femme se promène durant des heures. Elle se promène tantôt sur le trottoir à côté de la fenêtre, tantôt chassée par une brute, sur le trottoir opposé. Mon frère lui siffle les chansons qu’elle aime. Sur le fin visage de sa femme les larmes coulent, elle ne les sent pas et elle ne les essuie jamais. Derrière cette grille se trouve le seul être proche qui lui reste, après les massacres. Elle porte sur son visage une tristesse très vieille, surtout à cause de ses yeux ronds et ouverts dans lesquels luit toujours un effroi.
Vraiment, elle devrait être bien touchante dans ses allées et venues, en ces matins d’automne noir (elle lui apportait du thé), en ces jours pluvieux et froids, en ces soirs sombres et affairés. Les soldats qui gardaient la porte de la Sigourantza fermaient les yeux quand elle s’arrêtait à la grille.



Joseph Constant, Femme assise, 1923



Oui, je le sais, chaque mur chaque pierre de la chaussée est un traquenard, chaque homme est un traître, chaque mot une perfidie. Mais que faire ? Ne vaut-il pas mieux vivre par minutes, par parcelles de minutes. J’ai les pieds étendus, ils se reposent, je suis heureux. Et je ne me souveins de rien. Nous passons, nous passons. Sur les vitres poisseuses passent de sombres images, passent des maisons plates ; elles se développent, s’enfuient vers la nuit et se referment, leurs fenêtrees clignent ; puis des clos, des champs tristes et noyés ; des villages sombres dorment enfoncés dans les trous et ensemble tout le paysage s’en va de biais, court vers l’horizon noir. Des champs froids courent couverts de gelée, les forêts endormies et humides dansent en cercle, entourent les collines et nous les lancent dénudées du fond de leur froid nocturne. Mais toute cette solitude glaciale elle est dehors, nous, nous ne faisons que passer, enfermés dans notre chaleur. Quelle force, quelle Sigourantza peut nous arracher de notre cage volante. Nous sommes enfermés dans une citadelle de paix qui nage si doucement, comme si nous ne vivions plus, comme si la vie s’était soudain arrêtée.
Nous glissons comme s’il n’y avait rien derrière nous et comme si rien ne nous attendait devant. Nous ne faisons que glisser, que passer, sans poids, sans résistance.
Michel Matvéev, Les Traqués





Se reporter à la précédente publication pour fondre en seule personne Michel Matvéev, Joseph Constantinowsky et Joseph Constant : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2016/01/joseph-constantinowski-alias-michel.html



N°492

13 janvier 2016

Joseph Constantinowski, alias Michel Matvéev







Dans Fuite et fin de Joseph Roth, Soma Morgenstern rapporte une conversation tenue en 1934 où il fut question de son premier roman, Le Fils du fils prodigue, dont il présente le manuscrit à son vieil ami afin qu’il en soit le premier lecteur. 
« […] N’attends pas de moi des éloges de copain. J’espère que ce sera aussi bon que Les Traqués de notre ami Constantinowsky. »
Dans une note en bas de page, Joseph Constantinowsky est présenté comme « issu d’une famille mi-russe mi-juive d’Odessa, sculpteur, peintre et  écrivain. En 1934 il se lia d’amitié avec Joseph Roth dont il était l’aîné. Il vivait à Paris où eut lieu sa première exposition en 1935. Il écrivait en yiddish. En 1933, il publia chez Gallimard, sous le nom d’auteur Michel Matvéev et en traduction française, le roman Les Traqués qui décrit le pogroms antijuifs en Russie et en Roumanie. »  Cependant, il est né à Jaffa (en Palestine ottomane) en 1892 et mort à Paris en 1969. Les Traqués est directement écrit en français. 

Dans sa biographie de Joseph Roth, David Bronsen cite les propos quil a recueillis de Constantinowsky (alors devenu Joseph Constant) : « Quel homme, Roth ! Il a dû encore faire des plaisanteries sur son lit de mort ! Parce quun jour je lui avais dit quil ressemblait à mon père, chaque fois quil me présentait à quelquun il se faisait passé pour mon père, bien que je fusse le plus âgé. »







Intrigué, je me renseigne sur la disponibilité de ce roman en consultant internet. Un est en vente pour un peu moins de 10 euros. Il sera expédié de Dol-de-Bretagne. Deux autres le sont sur Abebooks.
Cet exemplaire est dédicacé à François Berge, sans doute un critique littéraire. Il contient le communiqué de presse rédigé par Pierre Morhange, poète, ami de Joseph Roth qu’il accompagna souvent au café Le Tournon. Après la mort de Roth, il écrivit un poème sur son ami.







Le livre n’est pas coupé, ce qui accuse ledit dédicataire dune indélicatesse qui était déjà monnaie courante depuis longtemps à l’époque
Pour le lire, il me reste à couper avec les précautions dusage les pages de ce vieux livre neuf, sans exiger quil soit « aussi bon » que le roman de Soma Morgenstern — qui est un chef-dœuvre (plus encore en tenant compte de toute la trilogie).






n°491