21 août 2014

Americana






Fondé à New York par Alexander King flanqué de George Grosz quand il fut invité à enseigner à l’Art Students League (émigration qui se mua en exil), Americana compta dix-sept numéros entre 1932 et 1933 ; écrivains comme e. e. cummings et dessinateurs comme Al Hirschfeld et William Steig s’y côtoyèrent.
Dans ces années-là, Alexander King, né à Vienne en 1900 sous le nom de König, illustra Smolett, Defoe, Swift, Dickens, Dostoievski, Rabelais, Villon et Flaubert avant de devenir éditeur associé de Vanity Fair puis de Life. Il meurt en 1965.
http://rs5.loc.gov/service/mss/eadxmlmss/eadpdfmss/2004/ms004018.pdf



Alexander King, Americana, 1932






William Steig, Americana, 1932








n°399

11 août 2014

Prodigieuse résurgence


Le 25 février 2012, Werner Saul, alias Curry, fait sa première entrée dans ce blog où j’indiquais avoir perdu sa trace à Marseille en 1941, au moment de sa prise en charge par Varian Fry et l’Emergency Rescue Commitee :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/02/der-kleine-diktator.html
Le 2 août dernier, son petit-neveu Shai Saul, artiste israélien, prend contact avec moi après être tombé sur une référence ultérieure dans Trente, consacrée à sa collaboration avec Der Wahre Jacob : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/12/antepenultieme.html


Werner Saul (et sa mère), Rapallo (Italie) 1938


Depuis, Shai Saul m’a envoyé copie du recueil édité en 1984, Werner Saul/Curry, Der Kleine Diktator (S.A.W. Schmidt Verlag, Viernheim Verlag Viernheim), doù je tire, en complément déléments fournis par Shai, lessentiel des informations ci-dessous :   
Werner “Curry” Saul est né en 1908 à Duisbourg, en Allemagne, dun père, Immanuel, mort sur le front russe en 1915, recevant la Croix de fer à titre posthume pour sa bravoure, et  dune mère chanteuse dopéra qui, restée à Berlin, sera victime des nazis. 
Pour ses études artistiques, il s’était installé à Paris pour étudier à lacadémie Colarossi (comme George Grosz avant lui) et auprès dAndré Lhote, avant de se rendre à Berlin pour publier ses premières caricatures antinazie dans Der Wahre Jacob. En mars 1933, Hitler au pouvoir, il revient à Paris pour y entamer “ une carrière de douze ans de réfugié ”, collabore au Rire où il anime Der Kleine Diktator après sêtre exercé sur Mussolini avec Le Petit Dictateur (ci-dessous) en clin dœil au très populaire Little King dOtto Soglow. À la déclaration de guerre, il est interné comme Allemand au camp de Meslay-du-Maine où il croise son collègue viennois Bil Spira (qui en fit un amical portrait), puis, sans doute à la suite dun périple de camp en camp avant et après la défaite, il parvient à gagner Marseille doù il est exfiltré grâce à l’Emergency Rescue Commitee, pour se retrouver en Suisse en 1942, dans un camp de réfugiés au régime strict du canton d’Appelzell, et de terminer la guerre dans la Légion étrangère. De retour à Paris en 1945, il entre à la rédaction du Franc-Tireur auquel il collabore jusqu’à sa disparition en 1957. À la même époque, il publie des centaines de dessins en Europe, Argentine et aux États-Unis, particulièrement dans le New York Times entre 1947 et 1957. Il épouse Jacqueline dont il aura deux enfants, Brigitte et Dominique, et vivra à Yverdon-les-Bains dans le Jura suisse jusquà sa mort en 1984. 



Werner “Curry” Saul, Le petit dictateur, Le Rire, 1934

Werner “Curry” Saul, Le petit dictateur, Le Rire, 1934

Werner “Curry” Saul, Le petit dictateur, Le Rire, 1934

Werner “Curry” Saul, Le petit dictateur, Le Rire, 1934

Werner “Curry” Saul, Le petit dictateur, Le Rire, 1934

D’autres pages ici : http://www.math.rutgers.edu/~zeilberg/family/curryFour.html


Shai Saul ma également fourni une lettre que Werner Saul adressa en 1981 à la Bibliothèque Nationale à Paris où il confirme sa commande de copies des pages publiées dans Le Rire en 1934 (30 dessins) et 1935 (9 dessins) après avoir donné son accord sur le devis de 1270,40 F.


1981

Le travail artistique de Shai Saul : http://shai-saul.net


n°398

5 août 2014

Champ contre-champ



Ralph Barton, Nickolas Muray



Voici la suite directe de la publication n°395, grâce à Daniel Bueno (le Brésil est tout proche), nous avons maintenant le champ et le contre-champ de la prise de vue.

Cette photographie a été prise le matin même du suicide de Ralph Barton, le 19 mai 1931.
Bruce Kellner écrit : That afternoon Ralph called on his old friend Nickolas Muray, to be photographed. The he returned to his apartment earlier than usual. […] He seemed to her more depressed than ever; ordinarily he shook the spell with some sourly funny observations about the state of the world. That evening the mood did not pass; he paced the apartment, murmuring to himself. 


Nickolas Muray, Ralph Barton, 19 mai 1931


Muray et Barton se connaissaient depuis 1922, se fréquentant dans le Greenwich Village. En 1925, Muray avait publié une photographie dans Vanity Fair (on peut penser que le dessin date de cette période).
Bruce Kellner écrit : Although they were not yet married, the December issue of Vanity Fair featured a full-page Muray photograph of “Mr. and Mrs. Ralph Barton, American Artists, One of the Drawn, One of the Spoken Line… a distinguished couple in the artistic circles of New York.” Ralph sits with his body in profile, staring bemused ; Carlotta stands next to him, eye downcast, her called the beautiful people, had the appellation existed. 
Après leur divorce, l’actrice Carlotta Monterey épousa Eugene O’Neill. Une déchirure pour Barton. 



n°396

4 août 2014

Ralph Barton, the Champion



Ralph Barton, A Short History of the Chorus Girl, in Judge, 15 mars1924


Ralph Barton est un des champions de ce blog, comme ami intime de Chaplin, et surtout comme dessinateur chroniqueur du monde des arts et des lettres dans les années vingt, The Last Dandy selon les termes de son biographe Bruce Kellner, une figure à la Gatsby. Pour rester parmi les premiers du classement, il nous faut trouver de loin en loin une nouveauté.
Très lié à Miguel Covarrubias qu’il prit sous son aile à son arrivée à vingt ans aux États-Unis (il en fit le portrait pour Vanity Fair dès janvier 1924), il n’est pas étonnant de découvrir que Nickolas Muray l’ait pris en photo, lui-même membre éminent du cercle mexicain autour de Frida Kalho.
Il date de 1931, l’année de son suicide dont les circonstances sont relatées par Chaplin dans ses mémoires.
http://80grammes.blogspot.fr/search/label/Ralph%20Barton




Ralph Barton, Nickolas Muray, 1931


Ralph Barton aurait-il reçu la Légion d’honneur ? Qu’il fût francophile, nul doute (ce ne fut pas la moindre motivation de son mariage avec Germaine Tailleferre). Mais ce que rapporte Kellner nous en fait douter.


Barton’s letters prior to twenties offer only occasional glimpses of his life outside his library or away from his drawing board, but one of them, about America’s entry into the war, is sufficiently passionate to leave no doubt that it is an accurate reflection of his beliefs. From time to time Tom Noonan, Barton’s friend at the American embassy in Paris, had sent him bulletins about the bombings there, searchlights playing over the sky, families fleeing for the underground shelters. They distressed Barton markedly because his affection for allegiance to France had become permanent with his first visit in the spring of 1915. He had been delighted with England, too, but America’s declaration of war in april 1917 forever altered his attitude toward England and must account for his subsequent emotional allergy to all things British. “Why this sudden love the bigotted, shirking, beef-guzzling English, who have laughed at us and sneered at us and done us dirty tricks for 200 years, I don’t know, ” he wrote. Further, he refused to be “horror-stricken at Germany’s treatment of Belgium.” Sherman’s march to the sea during the American Civil War had managed its own share of rape and murder, he continued, and “poor little Belgium hasn’t yet wiped the blood of thousands of Congo niggers from her hands.” One nationality was «capable of being as low as another and have all proven it, but we are all trying to cast the first stone—I suppose in the effort to fool each other and ourselves into believing that we are without sin.” American conscription infuriated him even more, and he threatened «tu go to jail first and do some reading” rather than participate in some one else’s war. He was especially angry that “England went two years of the war without drafting a man… And yet we, to fight the battle of the British Empire, revoke our Constitution and begin a draft before we have fired a gun!”


Bruce Kellner, The Last Dandy, University of Missouri Press 


n°395

2 août 2014

Gloire et ingratitude



Paolo Garretto, Vanity Fair, 1934


Le Napolitain Paolo Garretto (1903-1989) émigra aux États-Unis où il se distingua en caricaturant tout ce que le monde comptait de personnalités, des arts et de la politique, pour Fortune, The New Yorker et surtout pour Vanity Fair dont il fut le porte-drapeau avec le Mexicain Miguel Covarrubias.
Mais cette gloire américaine ne lui fut d’aucun secours quand survint la Seconde Guerre mondiale puisqu’il fut expulsé vers l’Italie où il dut affronter de redoutables épreuves. http://www.nytimes.com/1989/08/08/obituaries/paolo-garretto-is-dead-italian-caricaturist-86.html


http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Paolo%20Garretto



n°394

10 juillet 2014

Un grand d’Espagne






À vingt ans, Francisco López Rubio quitte son Andalousie natale pour étudier à Madrid et se distingue très vite dans la presse illustrée, dans Blanco y Negro, Buen Humor, Gutiérrez et surtout dans Gente Menuda http://50watts.com/Gente-Menuda-covers.









Francisco López Rubio, Gente Menuda, 1934

Francisco López Rubio, Gente Menuda, 1933

Francisco López Rubio, Gente Menuda, 1934

Francisco López Rubio, Gente Menuda, 1936

Francisco López Rubio, Gente Menuda, 1933

Francisco López Rubio
Francisco López Rubio

Francisco López Rubio

Francisco López Rubio, Mihura, 1930

Francisco López Rubio, Gutiérrez

Francisco López Rubio

Francisco López Rubio, Chiribitas

Francisco López Rubio



n°393

6 juillet 2014

J.Carlos fait son cinéma



J.Carlos, Fon Fon

J.Carlos, Fon Fon

J.Carlos, Fon Fon

J.Carlos, Tico Tico, 1937

J.Carlos, Tico Tico, 1937

J.Carlos, Para Todos, 1924


J.Carlos, Para Todos, 1926

J.Carlos, Tico Tico, 1938

J.Carlos, Tico Tico, 1924


n°392

2 juillet 2014

J.Carlos meneur de revue



J.Carlos, Para Todos, 1929






J.Carlos, Para Todos, 1930

J.Carlos, Para Todos, 1926

J.Carlos, Para Todos, 1926

J.Carlos, Para Todos, 1930

J.Carlos, Para Todos, 1930

J.Carlos, Para Todos, 1927

J.Carlos, Para Todos, 1928

J.Carlos, Para Todos, 1926

J.Carlos, Para Todos, 1928

J.Carlos, Para Todos, 1927

J.Carlos, Para Todos, 1927

J.Carlos, Para Todos, 1928

J.Carlos, Fon Fon

J.Carlos, O Malho, 1919


n°391