29 juin 2012

Changement de partenaire


1925


1926


Adele Astaire épousa Lord Charles Arthur Francis Cavendish en 1931, renonçant à sa magnifique carrière et au duo avec son frère cadet inaugurée dans leur enfance.
Comme dans une comédie musicale ?




« Dernièrement toutefois, à l’instant même où machinalement j’allumais la radio, j’entendis le présentateur parler de Fred Astaire, dont je ne savais absolument rien jusqu’ici, et dire que son véritable patronyme était Austerlitz. Le père d’Astaire, qui, à en croire cette surprenante émission, était originaire de Vienne, occupait un emploi de brasseur dans une fabrique de bière d’Omaha, Nebraska. C’est là qu’est né Astaire. De la véranda de la maison où habitait la famille Austerlitz, on entendait les trains de marchandises manœuvrer dans la gare de triage de la ville. Ces bruits qui ne cessaient jamais, même pendant la nuit, et, s’y rattachant, l’idée qu’un jour il partirait loin d’ici en chemin de fer étaient les seuls souvenirs qu’il eût gardés de sa première enfance, aurait dit plus tard Astaire. »

Austerlitz, W. G. Sebald (Actes Sud, traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau)

21 juin 2012

C’est l’été…


En ce solstice d’été, je donne la parole à ma sœur Claudine avec ce message posté il y a huit jours sur le blog http://madeleineschnerb.blogspot.fr/ qu’elle mène autour du parcours intellectuel de notre grand-mère Madeleine suite à son livre consacré à notre grand-père Robert.
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/10/un-historien-dans-le-siecle_07.html


« (…) Le mois de juin fait penser au baccalauréat, mais il annonce aussi les vacances... 
Il fait surtout penser à la campagne de France (mai-juin 1940), au désastreux armistice du 22 juin et aux mesures de Vichy.
Pour Madeleine et les siens, les vacances 1939 correspondent, du fait de l’entrée en guerre, à un retour en Auvergne, Madeleine occupe un poste au lycée Blaise-Pascal [de Clermont-Ferrand] avant de revenir au lycée Jeanne-d’Arc pour la rentrée 1940.

Avant d’évoquer les “longues vacances” auvergnates qui vont prendre un caractère définitif après la défaite, notamment à la fin de l'année 1940, quelques images estivales d’avant-guerre...  »




Murols, 1936

Saint-Nectaire, 1939

1939


19 juin 2012

Avant-dernière


Karl Arnold, Simplicissimus, 6 mars 1932

De Berlin, le 9 mars 1932, Joseph Kessel écrivait : 
« Un orateur se leva. Je faillis pousser une exclamation de surprise. On eût dit un double de Hitler ; même culotte bouffante, même taille serrée, même chemise, même port de tête, jusqu’aux petites moustaches ; la copie était parfaite. C’était pourtant un ancien secrétaire du parti social-démocrate de Hanovre qui avait abjuré ses erreurs et embrassé la foi nazie.
Dès les premières phrases de ce transfuge, il fut évident qu’il était habile à mener les foules simples, à trouver avec elle un brutal contact, à réveiller les plus troubles instincts. Sa voix rauque savait se faire tour à tour sacarstique, cynique, grossièrement véhémente. Des crises d’hystérie soigneusement calculées alternaient avec des facéties qui déchaînaient des rires épais.
Et chaque mot, chaque rire, chaque plaisanterie visaient à soulever, nourrir et attiser la haine. 
Humanité, justice, espoir de paix, tout était bafoué, souillé. Tous les peuples ne valaient rien auprès du peuple allemand ; tous s’acharnaient contre lui, tous s’en repentiraient. La flatterie la plus violente, l’appel aux plus dangereuses revanches à l’extérieur et à l’intérieur se succédaient sans répit comme des coups de massue. 
Et quand l’orateur ne jugeait pas suffisante l’exaltation de l’auditoire, il avait recours à la bête noire, au bouc émissaire, au juif. L’expression de mépris, de menace qui tordait alors sa bouche était telle que la salle entendait le mot “Jude” avant qu’il le prononçât.
Et chaque fois, l’effet voulu était atteint. Des applaudissements, des imprécations furieuses éclataient comme une salve automatique et le semeur de haine reprenait son discours, flagellait les Français persque autant que les juifs d’Allemagne, les accusaient d’avoir payé ensemble la révolutions de 1918. »

 Th. Th. Heine, Simplicissimus, 13 mars 1932

À quatre jour de l’élection présidentielle où s’affrontaient Hitler, Thälmann et Hindenburg, ainsi que Theodor Duesterberg du parti national du peuple allemand, Kessel écrivait à propos du vote pour le vieux maréchal président : « Mais ce ne sera pas un signe denthousiasme ni damour. Ce sera le dernier effort dun organisme qui se défend contre la fièvre. En effet, autour du maréchal, se groupent dans une confusion incroyable les grands bourgeois populistes, les catholiques fervents, des sociaux-démocrates qui détestent larmée. Tous lavouent franchement : ils ne votent pas pour Hindenburg. Ils votent contre Thälmann le communiste, et contre Hitler le fasciste. »
Le lendemain, il concluait ainsi son article sur le dernier meeting de Hitler : « Adolf Hitler se croyait un si grand homme quil en avait persuadé ses auditeurs. 
Dans lAllemagne enfiévrée où javais déjà vu tant de signes de dérèglement, celui-là était le plus profond, car il voisinait avec la démence. »

Hindenburg obtint au premier tour 49,6 % des voix, Hitler 30,2 %, Thälmann 13,2 % et Duesterberg, 6,8 %.
Au second tour, Hindenburg l’emporta avec 53,1 %, devançant Hitler, 36,7 % et Thälmann, 10,1 %.
Moins d’un an plus tard, il se résoudra à donner les clefs à Hitler ; et les élections de mars 1933 seront les dernières :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/12/mars-est-revenu.html

Joseph Kessel, Témoin parmi les hommes, Texto, Tallandier 
ou Reportages, Romans, Quarto, Gallimard

16 juin 2012

Le Rat de ville et le Rat des champs




Vladislav Starevitch (ou Wɫadysɫaw Starewicz) quitta l’URSS en 1920 et poursuivit son activité en France.
Suite du programme ici avec Fétiche Mascotte (1933) : http://www.youtube.com/watch?v=DyLHedkQbCw


Vladislas Starevitch (ou Wɫadysɫaw Starewicz) et sa fille Irène qui collabora activement à ses projets.


11 juin 2012

Correspondances japonaises

Rea Irvin, 1922
Rea Irvin, mars 1930

En 1924, Life se sépare de Rea Irvin qui rejoint l’équipe fondatrice du New Yorker pour y assurer la direction artistique symbolisée, sur sa première couverture, par la création d’Eustace Tilley, son emblème, le fameux dandy à monocle, col cheminée et haut de forme. 
Son japonisme, partagé par nombre de ses confrères, ne se résumait pas aux illustrations des aventures drolatiques d’Hashimura Togo en Amérique, Letters of a Japaneses Schoolboy de Wallace Irwin, en 1915 (dont Barton illustra la suite, More Letters of a Japaneses Schoolboy, en 1923).


Rea Irvin, Letters of a Japaneses Schoolboy de Wallace Irwin, 1915



Ralph Barton,  More Letters of a Japaneses Schoolboy, 1923

R (…)y, 1925

Nippon n°2, 1935

8 juin 2012

Red-Headed Woman





Anita Loos a écrit le scénario de Red-Headed Woman (avec Scott Fitzgerald, non crédité) réalisé par Jack Conway en 1932 pour la MGM, avec Jean Harlow dans le rôle titre.  





6 juin 2012

Joséphine de passage à Berlin


Dodo,  in Ulk, 1928


Dörte Clara Wolff, alias Dodo

Dörte Clara Wolff est née en 1907 à Berlin dans une famille juive. Peintre et illustratrice, Dodo collabora à Ulk, le supplément du quotidien libéral Berliner Tagesblatt, entre 1927 et 1929.
Dodo s’exila en 1936 à Londres où elle mourut en 1998
http://www.design-issue.com/dodo-1907-1998-ein-leben-in-bildern/

Rappel du passage de Joséphine Baker à Munich : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/09/josephine-baker-munich.html





5 juin 2012

1 juin 2012

Couvertures d’hiver


Janvier 1928, du côté de Broadway


William Bolin

Theodore G. Haupt

Frederick G. Cooper (essayez doublier le tatouage commercial)




Ce même janvier, plus ou moins à l’écart de New York.

Enoch Bolles

John Held Jr. 

Bradley Walker Tomlin

Georges Lepape
Ruth Eastman





Jusqu’à Munich


Josef Geis

Olaf Gulbransson

26 mai 2012

Qui est qui




De Bru n’existe pas sur l’internet, si ce n’est par cet unique dessin lié à Anita Loos paru en 1928, dans un mode dont Ralph Barton se fit une spécialité. Pour rappel : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Les%20hommes%20préfèrent%20les%20blondes


Lifes Birthday Party, Ralph Barton, Life du 4 janvier 1923 (in The Last Dandy, Bruce Kellner). 


Parmi cette foule de happy fews, nous pouvons reconnaître Paul Whiteman, Irving Berlin, Gertrude Stein, Ben Hecht, Robert Benchley, John D. Rockefeller, Jack Dempsey, D. W. Griffith, Henry Ford, I. J. Paderewski, Eugene ONeill, Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Edith Wharton, Sinclair Lewis, Sherwood Anderson… et aussi le président Harding et son vice-président Coolidge qui lui succéda.

23 mai 2012

Nostalgie millénaire

Lisant ces jours derniers De la destrucion de W. G. Sebald, je retrouve la bataille d’Arminius (ou de Teutoberg), évoquée naguère : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Arminius


« […] Les romans de Ledig*, qui ne cèdent en rien aux travaux d’autres auteurs des années cinquante qu’on cite et étudie encore maintenant, furent exclus de la mémoire culturelle parce qu’ils menaçaient de rompre ce cordon sanitaire mis en place par la société autour des périmètres de mort résultant des brèches dystopiques existantes. Ces brèches étaient au demeurant non seulement  le produit […] d’un mécanisme de destruction aux dimensions industrielles, mais aussi la conséquence de la propagation, de plus en plus débridée depuis les tumultes de l’expressionnisme, d’un mythe du déclin et de la dévastation. Anticipant la rhétorique fasciste du combat jusqu’au dernier souffle, le film de Fritz Lang La Vengeance de Kriembild, de 1924, en est le pradigme le plus fidèle, où toute la force armée d’un peuple court plus ou moins sciemment à sa perte pour finalement s’anéantir dans les bûchers d’un spectacle pyromaniaque qui frappe de stupeur. Et tandis qu’à Babelsberg Lang mettait en images reproductibles les visions de Thea von Harbou pour le public allemand, les spécialistes en logistique de l’armée travaillaient déjà, une décennie avant la prise du pouvoir par Hitler, à une ahurissante réédition de l’exploit des Chérusques écrasant les troupes romaines de Varus, un script à vous glacer les sangs qui prévoyait l’anéantissement des troupes françaises sur le sol allemand, la dévastation de contrées entières et des pertes sans nombre parmi la population civile. »

* Gert Ledig (1921-1999), Vergeltung (Sous les bombes), 1956, réédité en Allemagne en 1999, traduit chez Zulma en 2003.  

La mort de Siegfried vue par Th. Th. Heine dans le Simplicissimus du 7 avril  1924
Siegfried dans Fritz Haber de David Vandermeulen (Delcourt)

Ce blog a déjà vu passé Siegfried, et Fritz Lang, dans un tout autre contexte :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/08/bisbilles-au-cine-moka.html
Et pour retrouver W. G. Sebald, outre lire ses livres, une seule adresse : http://norwitch.wordpress.co

20 mai 2012

Tous en scène


Benny Goodman, Ginger Rogers, Fred Astaire, Orson Welles, Robert Taylor, Lily Pons, Dali, Alfred Lunt, Lynn Fontaine, Walt Disney, Dorothy Thomson et Shirley Temple, par Miguel Covarrubias, publié le 15 mai 1938 dans Vogue. 


À cette date-là, Orson Welles, tout juste 23 ans, fondait le Mercury Theatre, sa célèbre adaptation radiophonique de La Guerre des mondes fut diffusée à la veille dHalloween, et Citizen Kane sortit en 1941, mais Welles s’était déjà fait remarqué à Broadway et Miguel Covarrubias, prophétique, ne l’y avait pas manqué. 

18 mai 2012

Deux fois quatre mains


Ravel & Gershwin, improvisation de Carego (Paolo da Fonseca Rego) 
en imitation de David Sanho

En 1928, Maurice Ravel se produisit en Espagne et au Portugal, tournée qu’il conclut à Porto le 28 novembre à l’invitation de la société Orpheon Portuense.
On peut supposer que Carego, pianiste lui-même, élève d’une condisciple de Ravel auprès de Gabriel Fauré, Guiomar de Lancastre Wachtel, assista à ce concert et qu’il y fut question de cette récente tournée triomphale aux États-Unis, et de son final à New York où Ravel se mêla à l’effervescence musicale de Harlem et de Broadway et, le 7 mars, le jour de son cinquante-troisième anniversaire, y rencontra George Gershwin, épris d’admiration pour le maître français qui, en retour, fut étourdi par la science d’improvisateur de son jeune confrère.



Maurice Ravel & George Gershwin


14 mai 2012

Cartoon section

Toujours en dansant, terminons cette revue conduite par Paul Whiteman avec le premier dessin animé en Technicolor, réalisé par Walter Lantz et William Nolan pour King of Jazz, où Joe Venuti et Eddie Lang jouent Music Hath Charms.





La production de King of Jazz est strictement contemporaine du krach de Wall Street.

12 mai 2012

Et Gershwin entra dans la danse


L’histoire de la musique a retenu que Paul Whiteman avait commandé à George Gershwin Rhapsody in Blue qu’il créa en 1924 à New York, où le compositeur tenait la partie de piano.




Était-ce aussi ébouriffant que dans King of Jazz ?




Les frères Gershwin par Al Hirschfeld