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13 avril 2013

Ralph & Charlie again



Ralph Barton et Charlie Chaplin, circa 1930

6 février 1931, première des Lumières de la ville

 L’aviatrice Amy Johnson au bras de Chaplin, Lady & Lord Astor,  George Bernard Shaw (flattant le chien),
 et Ralph Barton (à droite), 25 février 1931

« […] nous déjeunâmes chez Bernard Shaw. G. B. m’emmena dans sa bibliothèque — rien que lui et moi — laissant Lady Astor et les autres invités dans le salon. La bibliothèque était une pièce claire et gaie qui donnait sur la Tamise. Et voilà que je me trouvai devant un rayonnage de livres de Shaw au-dessus de la cheminée et, comme un imbécile, n’ayant guère lu Shaw, je m’approchais en m’exclamant : “Ah, toutes vos œuvres !” »

« Pendant les élections, Lady Astor nous invita, Ralph et moi, à passer le week-end dans sa maison de Plymouth pour y rencontrer T. E. Lawrence, qui devait également venir. Mais, pour je ne sais quelle raison, Lawrence ne vint pas. Elle nous invita quand même dans sa circonscription électorale et notamment à un meeting auprès de docks où elle devait s’adresser à des pêcheurs. Elle demanda si je voudrais bien dire quelques mots. Je l’avertis que j’étais partisan des travaillistes et que je ne pouvais pas vraiment soutenir sa politique.
— Cela n’a pas d’importance, dit-elle ; c’est seulement qu’ils aimeraient vous voir, voilà tout. »

Charlie Chaplin, Ma vie


Sur ce même voyage à l’issue duquel, de retour à New York, Ralph Barton se suicida :  http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/07/ralph-charlie.html

http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/09/barton-filming-chaplin.html

13 février 2012

Keynes, Chaplin et la question de la dette



J. M. Keynes par Roger Fry



À Londres où, pour présenter Les Lumières de la ville, Charlie Chaplin se rendit début 1931 en compagnie de Ralph Barton, les deux amis furent invités chez Sir Philip Sassoon en compagnie de George Bernard Shaw et John Maynard Keynes, entre autres célébrités. Chaplin raconte dans ses mémoires qu’il bavarda avec Keynes :
« (…) je lui racontai que j’avais lu dans un magazine anglais comment fonctionnait le crédit à la banque d’Angleterre, qui était alors une entreprise privée : durant la guerre, paraît-il, la banque avait épuisé ses réserves d’or, et n’avait plus que quatre cents millions de livres sterling de valeurs étrangères ; quand le gouvernement avait demandé à la banque un prêt de cinq cents millions de livres, celle-ci s’était contenté de sortir ses valeurs étrangères, de les regarder, puis de les remettre dans ses coffres et elle avait accordé le prêt demandé par le gouvernement ; et cette transaction s’était répétée plusieurs fois. Keynes acquiesça et dit :
— C’est à peu près ce qui s’est passé.
— Mais, demandai-je poliment, comment ces prêts ont-ils été remboursés ?
— Avec la même monnaie fiduciaire, dit Keynes. »



dessin de William Steig pour le New Yorker, 1931