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22 décembre 2014

Mickey à Gurs






Dans ce livre récemment édité par Calmann-Lévy et le Mémorial de la Shoah, est publié l’intégralité des carnets dessinés par Horst Rosenthal en 1942 au camp de Gurs, dans le Béarn, avant d’être déporté et assassiné à Auschwitz.
Joël Kotek et Didier Pasamonik accompagnent ces carnets d’une riche étude historique qui tient aussi, écrivent-ils, de l’enquête policière, tant sont rares les pièces concernant Rosenthal qui fut de ceux à être interné par la France « en 1940 du fait de sa germanité, [avant qu’elle ne] le livre, deux ans plus tard, aux nazis, du fait de sa judéité ».
À Damigny-sur-Orne, où il fut “hébergé” en 1940, rencontra-t-il les dessinateurs Bil Spira, Antonín Pelc et Adolf Hofmeister qui nous ont déjà occupés ?

Un aperçu de ces carnets avait été publié il y a deux ans dans cette colonne.
https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=3460912162805441016


http://www.campgurs.com


n°428

26 janvier 2013

Mickey au camp de Gurs



Horst Rosenthal (1915-1942)
Horst Rosenthal (1915-1942)
Horst Rosenthal (1915-1942)



Sur la couverture, Horst Rosenthal a écrit : « Publié sans autorisation de Walt Disney. » 

Suivre maintenant ces liens indispensables : 
http://www.moicani.fr/article-mickey-a-gurs-horst-rosenthal-111540932.html



26 octobre 2012

Walt et Walter






Rêvons que Walter Benjamin ait pu connaître cette forme première, au commencement si peu « mécanisée ».  

«  […] Ainsi, dans l’antique vérité hératiclienne — les hommes à l’état de veille ont un seul monde commun à tous, mais pendant le sommeil chacun retourne à son propre monde — le film a fait une brèche, et notamment moins par des représentations du monde onirique que par la création de figures puisées dans le rêve collectif, telles que Mickey Mouse, faisant vertigineusement le tour du globe.
Si lon se rend compte des dangereuses tensions que la technique rationnelle a engendrées au sein de léconomie capitaliste devenue depuis longtemps irrationnelle, on reconnaîtra par ailleurs que cette même technique a créé, contre certaines psychoses collectives, des moyens dimmunisation, à savoir certains films. Ceux-ci, parce quils présentent des fantasmes sadiques et des images délirantes masochistes de manière artificiellement forcée, préviennent la maturation naturelle de ces troubles dans les masses, particulièrement exposées en raison des formes actuelles de léconomie. Lhilarité collective représente lexplosion prématurée et salutaire de pareilles psychoses collectives. Les énormes quantités dincidents grotesques qui sont consommées dans le film sont un indice frappant des dangers qui menacent lhumanité du fond des pulsions refoulées par la civilisation actuelle. Les films burlesques américains et les bandes de Disney déclenchent un dynamitage de l'inconscient [11]. Leur précurseur avait été l'excentrique. Dans les nouveaux champs ouverts par le film, il avait été le premier à s'installer. Cest ici que se situe la figure historique de Chaplin. »


note [11] : « Il est vrai quune analyse intégrale de ces films ne devrait pas taire leur sens antithétique. Elle devrait partir du sens antithétique de ces éléments qui donnent une sensation de comique et dhorreur à la fois. Le comique et lhorreur, ainsi que le prouvent les réactions des enfants, voisinent étroitement. Et pourquoi naurait-on pas le droit de se demander, en face de certains faits, laquelle de ces deux réactions, dans un cas donné, est la plus humaine ? Quelques-unes des plus récentes bandes de Mickey Mouse justifient pareille question. Ce qui, à la lumière de nouvelles bandes de Disney, apparaît nettement, se trouvait déjà annoncé dans maintes bandes plus anciennes : faire accepter de gaieté de cœur la brutalité et la violence comme des caprices du sort. »

Walter Benjamin, L’Œuvre dart à l’époque de sa reproduction mécanisée 
(version de 1936, traduction : Pierre Klossowski) 

20 mai 2012

Tous en scène


Benny Goodman, Ginger Rogers, Fred Astaire, Orson Welles, Robert Taylor, Lily Pons, Dali, Alfred Lunt, Lynn Fontaine, Walt Disney, Dorothy Thomson et Shirley Temple, par Miguel Covarrubias, publié le 15 mai 1938 dans Vogue. 


À cette date-là, Orson Welles, tout juste 23 ans, fondait le Mercury Theatre, sa célèbre adaptation radiophonique de La Guerre des mondes fut diffusée à la veille dHalloween, et Citizen Kane sortit en 1941, mais Welles s’était déjà fait remarqué à Broadway et Miguel Covarrubias, prophétique, ne l’y avait pas manqué.