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9 juin 2015

Metropolis



Th. Th. Heine, Simplicissimus, 27 janvier 1927



Aussitôt après la sortie de Metropolis le 10 janvier 1927, Th. Th. Heine se charge d’en rendre compte auprès des lecteurs du Simplicissimus.




n°463

7 octobre 2014

Heine vu par Aquindo



Thomas Theodor Heine, Sergio Aquindo, 2014
http://sergioaquindo.blogspot.fr/2014/10/thomas-theodor-heine.html




Le dessinateur argentin Sergio Aquindo, né en 1974, vivant en France depuis 2000, a déjà été aperçu dans cette colonne http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Sergio%20Aquindo à propos de son album Harry & the Helpless Children, paru chez Rackham en 2012. Pour rappel, Th. Th. Heine est le cofondateur du Simplicissimus en 1895, avec l’éditeur Albert Langen, qu’il dirige jusqu’en 1933 où il se voit contraint à l’exil, trahi par la plupart de ses dessinateurs qui prennent le parti du IIIe Reich.



n°408

5 juin 2014

Kraus ou Kracauer



Écrivains modernes, Th. Th. Heine, Simplicissimus, 3 juin 1929


Th. Th. Heine fait-il allusion par anticipation au livre que Kracauer consacra à Jacques Offenbach dans le Paris de son temps, Jacques Offenbach ou Le secret du Second Empire, publié à Paris en 1937 ? (En tout cas, le site du Simplicissimus vous dirige vers ce dessin pour qui y cherche Kracauer). Il semble pourtant que non si on se réfère à une note de bas de page associée à la lettre de Heine à Franz Schoenberner*, écrite en exil à Brno le 21 juin 1936, car il y apparaît que Heine réponde à Karl Kraus qui avait vitupéré à propos de la représentation de La vie parisienne : « Im Mai 1929 inszenierte Otto Falkenberg an den Münchner Kammerpielen Jacques Offenbachs Operette “Pariser Leben” in einer Revue-Bearbeitung von Peter Scher. Karl Kraus, der sich damals leidenschaftlich mit Vorträgen une Vorlese-Abenden für eine “Renaissance” und Neubewertung des vom Bildungsbürgertum wenig geschätzen Offenbach engagierte, protestierte vehement gegen Schers freie Bearbeitung. Heine verspottet diesen Streit mit einer Karikatur in Simplicissimus. Darauf reagierte Karl Kraus mit einem offenen Brief an Heine, den Heine wiederum ziemlich humorlos beantwortete. »
Mais quand on cherche Kraus dans le même index, il renvoie aussi à cette page, donc au quatrième dessin où figure la tombe d’Offenbach. C’est lui qui accourt une pelle sur l’épaule.
Les spécialistes sauront-ils découvrir où se niche Kracauer dans ces six dessins ?

*Die Wahrheit ist oft unwahrscheinlich, Wallstein Verlag, 2004







n°383

17 janvier 2014

Mephisto



THOMAS MANN ET SON FILS KLAUS
« Tu sais, papa, les génies n’ont jamais d
’enfants géniaux, alors tu n’es pas un génie. »

Th. Th. Heine, Simplicissimus, 1925



Dans Mephisto (1936), Klaus Mann fait dire à son personnage Ulrichs, militant communiste : « Dans une cerveau aussi jeune, tout est confus, inexpliqué. Aujourd’hui, circulent des millions d’individus comme ce Miklas. Tous éprouvent une haine commune, et c’est bon, car cette haine s’adresse à l’état des choses actuel. Mais si un type comme celui-là a la malchance de tomber entre les mains des suborneurs, ils gâchent sa bonne haine, ils lui racontent que les Juifs sont coupables de tous les maux et du traité de Versailles, et il croit ces sornettes, il oublie qui sont les vrais coupables, ici et partout. C’est la fameuse manœuvre de détournement, et après toutes ces jeunes têtes brûlées, ignorantes de tout et incapable de réfléchir juste, elle réussit. Voilà ce petit tas de misère assis là, et qui se laisse injurier et traiter de nazi. »
La scène se situe aux tout débuts des années vingt.



Thomas Mann, sa femme, ses enfants Erika et Klaus, 1931


22 juillet 2013

Doppelgänger



Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Superstition, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, En lutte contre la machine, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Retour de la montagne, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, La foi de l’oie (traduction très libre), Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, La Loi de l’essence (traduction très libre), Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Sentiments d’infériorité, Simplicissimus, 1933


Avant de séparer son activité dans le Jugend entre deux hétéronymes http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/rubey-demasque.html, Kriesch dessinait déjà activement pour le Simplicissimus (les deux titres étaient liés) où Th. Th. Heine l’avait engagé en 1931, et il poursuivit jusqu’au bout cette collaboration. L’année 1933 ne vit aucun changement dans la nature de son travail.
Au vu de ses dessins de 1944, il resta à distance de la réalité qui l’entourait, publiquement du moins, multipliant les scènes de charme (même si elles évoquaient parfois la situation de guerre comme ci-dessous), avec toujours le même brio et une manière de plus en plus évanescente (curieusement se rapprochant parfois de la mélancolie de Pascin). Un autre masque ?


Rudolf Kriesch, Simplicissimus, septembre 1944,
un de ses tout derniers dessins pour le magazine. 

6 mars 2013

Hollywood-Babelsberg



Filming the ultimate super-non-pareil-ultra-cyclopean-ten-billion-dollar-art-spectacle-masterpiece feature
with the stupendous all-star cast
,

Ralph Barton, Life, 1923



« Mais on ne se comporte pas comme ça à la cour, Kulicke,
 montrez donc au prince comment les gens distingués se déplacent. »
Der Fürst Ludwig Heinrich als Schauspieler (le prince Ludwig Heinrich en acteur)
, Walter Trier, 1919



Wild-West-Film, Walter Trier, 1921



Ralph Barton, 1922



Ausnahme eines 800 Meter langen Seelenzustandes
 Karl Arnold, Berliner Bilder (Simplicissimus, 1919)


Erich Wilke, Jugend, 1930


Th. Th. Heine, Simplicissimus, 1930

8 février 2013

Das schöne Bild



Le Streseman de Munich est pris
(Gustav Stresemann était chancelier — centre droit — lors du putsch de Munich en 1923,
et fut prix Nobel de la paix en 1926.)
Jugend, mai 1928


Né à Dresde en 1886, Fritz (Friedrich) Heubner étudia à l’académie des beaux-arts de Munich, accompagna les Sessessions berlinoises et munichoises, fut membre des Six (Die Sechs, dont Emil Preetorius) et dessina régulièrement pour le Jugend et le Simplicissimus, collaboration qui cessa après 1933 avec la subordination de ces revues aux nazis ; après quoi il se consacra à l’enseignement artistique supérieur à Nuremberg puis à Munich. 
Mais en 1947, dans une lettre à Franz Schoenberner (administrateur du Jugend comme du Simplicissimus), Th. Th. Heine, sans doute en réponse à son ami (relayait-il une démarche de Heubner ?), est très sceptique à son propos : « War Heubenr nicht Nazist ? Ich habe allerdings in der ganzen Nazi-Zeit nichts von ihm gesehen oder gehört. […] Ich kann mir denken, daß Heubner ein richtiger Nazist war. Alle Nazisten suchen sich jetz sogenannte Koscher-Bescheinigungen zu verschaffen. »
Heubner n’était pas nazi ? Pourtant, j’ai vu ou entendu des choses de lui tout au long de la période nazie. [...] Je ne peux pas l’imaginer, Heubner était un vrai nazi. Aujourd’hui, tous les nazis cherchent à se procurer des certificats casher.
Il meurt en 1974 à Munich. 


Jugend, 1928



Jugend, 1928



Jugend, 1928



Jugend, 1928 



Simplicissimus, 1932

3 décembre 2012

Acharnement


Josef Plank, Die Brennessel, 19 avril 1933


Quand Die Brennessel (L’Ortie), fondée en 1931 par les nazis pour contrer l’influence du Simplicissimus, s’acharne contre Th. Th. Heine qui vient d’être destitué de l’intérieur même du journal — et qui est alors en fuite. 
Le 20 mars 1933, fuyant Berlin, Walter Benjamin est à Paris depuis quelques jours et écrit à Gershom Scholem : « […] La terreur exercée contre toute attitude ou toute façon de s’exprimer qui ne se conforment pas strictement aux prescriptions officielles a pris des proportions difficilement dépassables. »


23 novembre 2012

Deux fois Heine



Th. Th. Heine sur le sofa, Olaf Gulbransson, 1904,
dessiné pour le catalogue des éditions Langen




Th. Th. Heine, Olaf Gulbransson, vers 1933



19 novembre 2012

Le numéro du 12 février 1933


Le numéro du 12 février 1933 est le dernier avant que le Simplicissimus ne bascule et se soumette. À la même date, Thomas Mann se voyait sommé de renoncer à une conférence sur Wagner : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/09/thomas-mann-ecrit-olaf-gulbransson.html. 





Cette couverture fut comprise comme une provocation, prétexte aussi pour se débarrasser du Juif Heine — cruauté d’autant plus grande qu’il se sentait absolument allemand bien avant que d’être juif, comme Max Liebermann, Alfred Döblin et combien d’autres « Juifs assimilés ». Le procès en sorcellerie au sein même de la rédaction, Eduard Thöny et Erich Schilling en tête, l’éjectera, même si une interdiction d’un an seulement fut alors prononcée alors que c'était bien Dachau qui lui était promis. http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/10/dernier-printemps.html
Jean-Michel Palmier souligne que pour continuer de travailler, tous les artistes devaient s’affilier aux chambres de culture, ici la chambre d’arts plastiques du Reich, ou celle pour la presse, instaurées par le Dr. Goebbels. Notons également que les dessinateurs satiriques se compromirent dans des proportions infiniment plus grandes que les écrivains et, dans une moindre mesure, que toutes les autres catégories d’artistes, comme si le clivage au sein de cette population vis-à-vis du nazisme ne s’était prononcé qu’en fonction de la « race » de chacun — ce qui ne laisse d’interroger.
Deux mois plus tard Heine prendra le chemin de la Tchécoslovaquie dont la grande générosité envers les proscrits fut particulièrement remarquable.

Le 2 mai 1933, de Prague, hébergé chez le Dr. Alfred Mayer, Heine écrit à Franz Schoenberner, lui aussi exclu du Simplicissimus dont il était le rédacteur en chef, et contraint à l’exil en franchissant les Alpes le 19 mars pour gagner la Suisse en alpiniste, puis en France où à la déclaration de guerre en 1939 il fut détenu au camp des Milles près d’Aix-en-Provence, et enfin aux États-Unis, via Marseille et Lisbonne, grâce à Victor Fry et l’Ermergency Rescue Committee. Cette correspondance dura jusqu’en 1947.

« Nur kurz die Nachricht, daß es mir endlich gelungen ist, hierher zu fliehen. Wie geht es Ihnen ? haben Sie Pläne ? […] Ich schreibe Ihnen bald, hoffe aber bald auf ein Lebenszeichen von Ihnen. Zuletzt war ich fast 3 Wochen in Berlin verborgen. 
Herzliche Grüße
immer Ihr Th. Th. Heine »*

* Pour faire bref, la nouvelle est que j’ai finalement réussi à m’échapper jusqu’ici. Comment allez-vous ? Vous avez des projets ? […] Je vous écris bientôt, mais j’espère aussi bientôt un signe de vie de votre part. En dernier lieu, j’ai été caché près de 3 semaines à Berlin.
Je vous salue de tout cœur, 
votre fidèle Th. Th. Heine





Erich Schilling, thuriféraire du nazisme, veilla de près à l’application de ses préceptes, jusqu’à son suicide en 1945 à l’arrivée des troupes américaines dans sa petite ville bavaroise.




Karl Arnold, bien que certaines biographies bienveillantes ou mal informées écrivent qu’il fut interdit de travail pendant six mois, sa collaboration ne cessa jamais et ce régulièrement jusqu’en 1943 quand il tomba malade (http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/10/le-reniement-darnold.html), dirigeant même le Simplicissimus dans les premiers mois de 1934, accompagnant la politique officielle, versant lui aussi dans la caricature antisémite, et réservant son esprit caustique aux adversaires du IIIe Reich, par exemple en transposant la manière dont fut couverte la Première Guerre mondiale par le Simplicissimus, les bellicistes étant toujours français ou anglais (les Soviétiques tirant les ficelles), et pour cela il usa d’un dessin de plus en plus gracieux, d’une absolue perfection formelle.




Quel symbole aussi que soit publié in extremis une critique élogieuse de Solal d’Albert Cohen, dans cette fameuse colonne de critique littéraire commandée par le chien emblème de la revue dessiné en 1895 par Th. Th. Heine. N’oublions pas que le Simplissicimus était une revue littéraire, fondée par l’éditeur Albert Langen qui publia tout ou presque de ce qui compta dans la littérature allemande et mondiale du moment.
Alexander Moritz Frey émigra en Autriche en 1933, puis réussit en 1938 à passer en Suisse, pourtant si peu accueillante.





Marcel Frischmann, Juif galicien, s’exila en Angleterre en passant par la Suisse. http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Marcel%20Frischmann




Olaf Gulbransson ne montra aucun état d’âme en accompagnant allègrement la nouvelle ligne de la revue à laquelle il collaborait depuis trente ans.




Wilhelm Schulz devint une nazi bon teint (à moins qu’il le fût déjà), comme beaucoup sous couvert d’anticommunisme, le Simplicissimus n’ayant jamais eu la moindre sympathie pour cette idéologie.

14 novembre 2012

Simplicissimus en exil






« [Le Simplicissimus] reparut à Prague en langue allemande et tchèque, dirigé par Heinz Pol, s’efforçant de redonner vie au Simplicissimus de Thomas Th. Heine sous le titre Der wahre Simplicissimus. Th. Th. Heine [qui était réfugié alors en Tchécoslovaquie] désavoua le journal par peur des réactions nazies et menaça d’un procès la rédaction de Prague. Celle-ci reconnut dans un article que Th. Th. Heine n’avait aucun rapport avec le journal. Le premier numéro de Simplicus parut le 25 janvier 1934, raillant le Simplicissimus qui avait fait la paix avec les nazis. Il cessa de paraître le 26 juin 1935, faute de moyens financiers. »

Jean-Michel Palmier, Weimar en exil, note 2, p. 209.

7 octobre 2012

Dernier printemps

Le 23 mars 1933, un mois après l’incendie du Reichtag, les SA ayant déjà commencé à semer la terreur, Hitler, déjà chancelier depuis les élections de janvier, obtint les pleins pouvoirs de la part d’Hindeburg. « La terreur se déchaîna sur la Bavière [en mars, la Bavière ayant bénéficié d’un court répit avant d’être emportée à son tour après la destitution de son ministre-président]. Les opposants furent immédiatement chassés des administrations, les archives du journal Simplicissimus saccagées et beaucoup d’antifascistes arrêtés […]*. »
Dans le numéro du Simplicissimus daté du 1er avril, Thomas Theodor Heine, né David Theodor, 66 ans, fondateur de la revue près de quarante ans plus tôt, emprisonné sous Guillaume II pour crime de lèse-majesté, y publie son dernier dessin. Mais il est déjà parti en exil, à l’instar de tant d’artistes (et surtout d’écrivains comme Brecht, Döblin, W. Benjamin…), après qu’une « coordination » de dessinateurs l’avait destitué. Son nom sous le titre, comme fondateur avec l’éditeur Albert Langen, avait disparu le 5 mars avec son ultime couverture titrée Des Deutschen Frühlingslied. http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=7729633834890901010l


Il mourut à Stockholm en 1948. 

* Jean-Michel Palmier, Weimar en exil




4 octobre 2012

Un héros peu convaincu


George Grosz, Jugend, 1927


George Grosz raconte dans ses mémoires qu’Alfred Fleschtstein, marchand et mécène, lui commanda le portrait d’un boxeur poids lourd prometteur, Max Schmeling, « arborant sa ceinture bleu de champion ».

Eduard Thöny, Simplicissimus, 1928


Max Schmeling (1905-2005) avait tout pour être le héros aryen mais il ne se soumit pas pour autant à l’idéologie nazie, non sans un certain courage quand il s’est agi de mettre à l’abri des persécutés, et aussi, semble-t-il, avec un certain art de l’esquive.
Il était devenu champion du monde en 1930 en battant Jack Sharkey, défendit une fois son titre contre Young Stribling avant de perdre contre Sharkey en 1932. De même que Mussolini avec Primo Carnera, le IIIe Reich voulut l’instrumentaliser encore plus après qu’il eut battu en 1936 par KO à la douzième reprise le tout jeune Joe Louis (http://www.youtube.com/watch?v=lihT_ewxVko), mais il fut défait deux ans plus tard, toujours au Yankee Stadium de New York, par KO, en deux minutes et quatre secondes (http://www.youtube.com/watch?v=6BLGdFQPh8c), par le même Joe Louis qui fut désigné comme le boxeur du siècle quarante ans plus tard. Les deux boxeurs devinrent de grands amis après la guerre, Schmeling soutenant Joe Louis, malade et ruiné.



Eduard Thöny, Simplicissimus, 1929

Eduard Thöny, Simplicissimus, 1929

Herbert Marxen, Simplicissimus, 1929

Th. Th. Heine, Simplicissimus, 1930

Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 1930

Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 1930

Wilhelm Schulz, Simplicissimus, 1930

Eduard Thöny, Simplicissimus, 1931

Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 1933


Victor Klemperer, dans son journal Mes soldats de papier, écrit en date du 15 juin 1934 : « Depuis hier, je suis accablé par la rencontre d’Hitler et Mussolini à Venise. S’il remporte un succès de politique extérieure, il se maintiendra — Curieux : ce plaisir que j’ai d’apprendre aujourd’hui que le Californien Baer a remporté le championnat du monde de boxe contre le géant italien Carnera. Baer, qui a récemment battu Schmeling, est juif. Notre journal l’a descendu en flamme hier, donnant toutes les chances de victoire à l’Italien […]. »



Erich Schilling, Simplicissimus, 1936

Après un dernier dessin passablement antisémite, préalable à sa défaite contre Joe Louis, publié en 1937 et commis par Erich Schilling (foncièrement compromis, il se suicida en 1945), le Simplicissimus l’oublia. « Après cette défaite, je n’existais plus pour Hitler, mon nom avait disparu des journaux. » 


Erich Schilling, Simplicissimus, 1937