Affichage des articles dont le libellé est Hélène Schnerb. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hélène Schnerb. Afficher tous les articles

4 août 2015

Racines carrées



Les familles Schnerb et Mandelbrojt, Argnat, Puy-de-Dôme, 1934



Dans son entretien avec son neveu Benoît Mandelbrot, en 1970, Szolem Mandelbrojt raconte :
Dans la famille, on vénérait toujours l’esprit. Je crois que dans notre maison, être savant, être quelqu’un qui réfléchit, être inventeur, c’était considéré comme quelque chose de supérieur, de presque divin. On parlait d’un savant comme d’un créateur, comme étant “immense”. Les jeunes chez nous, à la maison, et mes camarades, considéraient comme un privilège invraisemblable, extraordinaire, que de pouvoir réfléchir, de consacrer sa vie à la science. L’argent comptait peu, on ne pensait pas que le science était, si j’ose dire, un instrument matériel qui permet de gagner de l’argent ou d’avoir une situation. Pas du tout. C’était exactement le contraire, on voulait se sacrifier pour la science. Eh bien, j’étais dans ce milieu. Et dès le début, j’ai aimé les mathématiques. 
Je me rappelle d’ailleurs qu’à l'âge de quatorze ans j’ai fait une très grande découverte : j’ai inventé l’extraction des racines carrées ! Il était évident qu’on savait déjà le faire, comme je l’ai appris par ton père. Ton père était très intelligent, à tel point que, tout en sachant, bien entendu, ce que c’est que l’extraction d’une racine carrée, il n’a pas voulu me le dire, pour que je puisse continuer à réfléchir sur un “nouveau” sujet. Il s’était dit : « Il est en train d’inventer, laissons-le faire. »


 Les Cahiers du séminaire d’histoire des mathématiques, tome 6, 1985 


Szolem Mandelbrojt (Varsovie 1899 - Paris 1983) émigre à Paris en 1920, soutient brillamment sa thèse de mathématiques en 1923, enseigne à l’université de Clermont-Ferrand (où il se lie d’amitié avec mes grands-parents) avant d’être nommé en 1938 professeur au Collège de France. En 1940, avec sa famille, il peut quitter la France occupée grâce à l’invitation du Rice Institut de Houston.
Benoît Mandelbrot (Varsovie 1924 - Cambridge Massachussets 2010) est mondialement célèbre pour son invention de la géométrie fractale.
Sur les photos figure Jacques Mandelbrojt, né en 1929, physicien, qui fut professeur à l’université d’Aix-Marseille sans jamais délaisser la peinture, tissant toujours des liens entre les deux domaines de création.
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cEa8A4/rbAp7x
https://www.youtube.com/watch?v=VxzzP_dFIYk


n°474 


15 juin 2015

Famille maternelle



Robert, Bernard, Hélène & Madeleine Schnerb, Chalon-sur-Saône avril 1933
photographiés par Pierre Liebschütz


n°464

21 juin 2012

C’est l’été…


En ce solstice d’été, je donne la parole à ma sœur Claudine avec ce message posté il y a huit jours sur le blog http://madeleineschnerb.blogspot.fr/ qu’elle mène autour du parcours intellectuel de notre grand-mère Madeleine suite à son livre consacré à notre grand-père Robert.
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/10/un-historien-dans-le-siecle_07.html


« (…) Le mois de juin fait penser au baccalauréat, mais il annonce aussi les vacances... 
Il fait surtout penser à la campagne de France (mai-juin 1940), au désastreux armistice du 22 juin et aux mesures de Vichy.
Pour Madeleine et les siens, les vacances 1939 correspondent, du fait de l’entrée en guerre, à un retour en Auvergne, Madeleine occupe un poste au lycée Blaise-Pascal [de Clermont-Ferrand] avant de revenir au lycée Jeanne-d’Arc pour la rentrée 1940.

Avant d’évoquer les “longues vacances” auvergnates qui vont prendre un caractère définitif après la défaite, notamment à la fin de l'année 1940, quelques images estivales d’avant-guerre...  »




Murols, 1936

Saint-Nectaire, 1939

1939


3 octobre 2011

Vingt-neuf, trente, trente et un


C’est le moment de donner la légende de l’illustration permanente de ce blog. Ce n’est pas une surprise : il s’agit d’une page d’un album familial, en date de 1931. Y figurent mes grands-parents, Robert et Madeleine Schnerb (née Liebschütz, son frère Pierre y est présent aussi) quelque part dans le Puy-de-Dôme. La petite fille se nomme Hélène, elle a deux ans. C’est ma mère.
C’est le moment de dire que l’idée de Trente — rôder, flâner, baguenauder, enquêter, s’égarer autour de ces années-là — vient de cette histoire.