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19 mai 2013

Les dessous de la Revue nègre


Il y a quelque temps, grâce à un article de Kevin Labiausse, j’évoquais le plagiat supposé opéré par Paul Colin vis-à-vis de Miguel Covarrubias : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/03/revue-negre.html
En parcourant la page facebook Miguel Covarrubias, je n’ai pas tardé à en retrouver la preuve, effectivement issue de Negro Drawings, monographie de Covarrubias publiée en 1927 par Alfred A. Knopf, et préfacée par Ralph Barton. Mais un mystère demeure : l’affiche de Paul Colin date de 1925 et le livre de 1927, ce qui laisserait entendre que ces dessins-là (pas seulement Jazz Baby) avaient déjà circulé plus tôt.
Pour nous éclairer en partie, Wendy Wick Reaves* écrit : Depuis son arrivée à New York en 1923, Covarrubias […] a publié son travail dans Vanity Fair et autres périodiques, exposé des dessins au Whitney Studio Club, et conçu les décors de “La Revue Nègre”, la revue jazz qui a ébloui Paris avec Josephine Baker en vedette.

* Conservateur du département de peintures et dessins à la National Portrait Gallery, Smithsonian Institution. 


Miguel Covarrubias, Jazz Baby, 1924




1925


Negro Drawings : Poseur

Negro Drawings : Comédien

23 mars 2013

Revue nègre







Mauvais esprit ? 
« Colin a probablement vu les esquisses de Covarrubias et se les a appropriées. On peut dailleurs affirmer que Covarrubias a bien peint en 1924 le personnage féminin de laffiche signée Paul Colin. La fille que tout le monde avait toujours prise pour Josephine, que Paul Colin avait déclaré avoir dessinée daprès nature, avait en réalité été peinte par Covarrubias avant que Colin nait rencontré Josephine.
La paternité de laffiche de la Revue Nègre revient donc à Miguel Covarrubias qui nen tira aucune notoriété, alors que pour Paul Colin cette affiche fut le meilleur support publicitaire et le plus beau tremplin. On lui commanderait par la suite des illustrations et des décors. Il deviendrait par la suite un des affichistes publicitaires attitrés des spectacles, comme Cassandre et Loupot le seraient pour le tourisme. »
Kevin Labiausse http://migrateurs-transatlantique.pagesperso-orange.fr/josephine_baker.htm


Il a alors vingt ans, et débute en fanfare dans Vanity Fair.

Espérons découvrir ces esquisses de Covarrubias en question, sans doute de la même nature que les deux dessins ci-dessus extraits de Negro Drawings.





Dans sa préface, Ralph Barton écrit : « With an incorruptible pencil in this hand, the fellow inspects God’s works with an impudent and critical eye, rearranging them to suit himself, selecting from them what he can use, and frankly and boldly rendering obvious those comic effects that He on High dared but to suggest. »