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14 décembre 2012

Kafka, Laurel & Hardy…



Miguel Covarrubias in Vanity Fair, 1933



1. John Barrymore 2. Ethel Barrymore 3. Lionel Barrymore 4. George Arliss 5. Helen Hayes 6. Miriam Hopkins 7. Lilyan Tashman 8. Mae West 9. Edmiund Lowe 10. Constance Bennett 11. Joel McCrea 12. Maurice Chevalier 13. Kay Francis 14. Joan Crawford 15. Leslie Howard 16. Dolores Del Rio 17. Adolphe Menjou 18. Joseph Schenck 19. Samuel Goldwyn 20. Joan Blondell 21. Douglas Fairbanks, Jr. 22. Sylvia Sidney 23. Mary Pickford 24. Gary Cooper 25. Douglas Fairbanks 26. & 27. Laurel and Hardy 28. Edward G. Robinson 29. Cecil B. Demille 30. Caludette Colbert 31. Marion Davies 32. Norma Shearer 33. Charlie Chaplin 34. Fredric March 35. Marie Dressler 36. Gene Fowler 37. Nancy Carroll 38. Howard Hughes 39. George Raft 40. Louella Parsons 41. Harpo Marx 42. Katherine Hepburn 43. Jean Harlow 44. Marlene Dietrich 45. Schnozzle Durante 46. Greta Garbo 47. Clark Gable 48. Ernst Lubitsch 49.Wallace Beery





« […] Kafka […] n’était certes pas un humoriste. Mais plutôt un homme dont le destin était de se heurter partout à des gens qui faisaient de l’humour leur profession : à des clowns. L’Amérique, en particulier, est une vaste clownerie. Et pour ce qui concerne son amitié avec Brod, j’ai l’impression de m’approcher de la vérité si je dis que Kafka était un Laurel qui se serait trouvé dans la pénible obligation de se chercher son Hardy — et ce fut Brod. »

Lettre de Walter Benjamin à Gershom Scholem, Paris le 4 février 1939



Max Brod & Franz Kafka


3 décembre 2012

Acharnement


Josef Plank, Die Brennessel, 19 avril 1933


Quand Die Brennessel (L’Ortie), fondée en 1931 par les nazis pour contrer l’influence du Simplicissimus, s’acharne contre Th. Th. Heine qui vient d’être destitué de l’intérieur même du journal — et qui est alors en fuite. 
Le 20 mars 1933, fuyant Berlin, Walter Benjamin est à Paris depuis quelques jours et écrit à Gershom Scholem : « […] La terreur exercée contre toute attitude ou toute façon de s’exprimer qui ne se conforment pas strictement aux prescriptions officielles a pris des proportions difficilement dépassables. »


1 août 2011

Café de la Paix


Quand Carl Meffert observa le café de la Paix, il n’était pas encore Clément Moreau, Walter Benjamin n’y était pas encore un habitué malgré lui.



Le 31 décembre 1933, Walter Benjamin, désormais l’émigrant tel que le décrira plus tard Jo Spier, s'en ouvre dans une lettre à Gershom Scholem.

« La vie parmi les émigrés est insupportable, la vie en solitaire ne l’est pas moins, et il est impossible de vivre parmi les Français. Il me reste donc que le travail, mais rien ne le met plus en péril que de le distinguer si clairement comme la seule ressource interne. »

Son ami Bertolt Brecht, chez qui il résidera au Danemark en 1938, précise les termes :
« J’ai toujours jugé erroné le nom qu’on nous donnait :
“Emigranten”.
Cela signifiait “émigrés”. Mais nous n’avons pas
Émigré, choisissant librement
Un autre pays. Nous n’avons pas non plus migré
Dans un pays pour y rester, si possible pour toujours.
Non, nous avons pris la fuite. Nous sommes des expulsés, des bannis
Et le pays qui nous a accueillis ne doit pas être un foyer, mais un exil.
(…) »