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15 février 2016

Lisbet à l’affiche



Lisbet Juel, 1929/30


Alors que le blog qui l’a dénichée propose Russell Patterson comme auteur, l’attribution de cette affiche à Lisbet Juel est certes hypothétique, mais bien des indices le laissent entendre si on se penche sur l’ensemble de son travail. Personne ne pouvait penser à l’attribuer Lisbet Juel faute de connaître son existence.
http://lisbetjuel.blogspot.fr/
De surcroît, les affiches de cinéma suédoises, dans ces années-là, étaient réalisées par des artistes du cru. 



n°495


13 mars 2014

Avant les Moomins



Tove Jansson, Garm


Célèbre pour les Moomins, Tove Jansson fut au préalable une fameuse dessinatrice satirique, à partir de 1938, se distinguant essentiellement dans Garm, magazine finlandais suédophone dans lequel elle avait débuté comme illustratrice dès l’âge de 15 ans.





Tove Jansson, Garm, novembre 1943

Tove Jansson, Garm, novembre 1943

Tove Jansson, Garm, juillet 1945

Tove Jansson, Garm

Tove Jansson, Garm, 1940

Tove Jansson, Garmjuin 1943

Tove Jansson, Garm, 1945

Tove Jansson, Garm, 1944 

Tove Jansson, Garm

19 mars 2013

À l’affiche en Suède



Eric Rohman

Eric Rohman, 1934

Qui était Eric Rohman ? 
Dessinateur, affichiste suédois, né en 1891 et mort en 1949, dans la veine des illustrateurs de Vanity Fair ou de Life.








1929

27 septembre 2012

De Blix à Höök


Blix, 1934
Varför går det en polis här?
— Hysch, det är ju han som blivit professor efter Einstein.
— Pourquoi un policier ici ?
— Tais-toi, c'est lui qui a succédé à Einstein comme professeur.

C’est l’admiration qu’il portait à Olaf Gulbransson qui a conduit Ragnvald Blix au dessin. Norvégien lui aussi, né à Christiania (Oslo) en 1882, fils d’Elias Blix (intellectuel renommé qui fut un temps ministre), autodidacte, Blix dirige le Tyrihar en 1901, succédant à Gulbransson, puis quitte la Norvège pour Copenhague après le décès de son père qui s’opposait à son orientation, vit à Paris de 1903 à 1907, où il collabore au Journal, à L’Assiette au beurre et au Rire, avant d’obéir en 1908 à ses compatriotes qui le somment de les rejoindre à Munich, la ville du Simplicissimus où il avait publié dès 1907 un « compte rendu » de sa fréquentation assidue du Louvre. Mark Twain, voyageant en Eupope, tombant sur ses dessins, l’invite et, lui envoyant la photo de sa maison du Connecticut, lui écrit : « Ma maison est votre château ! »
Il retrouve la Norvège après l’armistice de 1918, où il fonde l’éphémère et remarqué Exlex de 1919 à 1921, et collabore ensuite à de nombreux journaux scandinaves comme le Handelsoch Sjöfarstidning ou le Svenska Dagbladet.

Accueil de la civilisation, Blix, 1919

En 1933, alors que la majorité de la rédaction du Simplicissimus met sur le dos du seul Th. Th. Heine, le patron, le Juif, la ligne antihitlérienne du journal, celui-ci doit s’exiler, d’abord à Prague, avant de gagner la Norvège en 1939 puis la Suède en 1942 avec le précieux concours de Blix qui signe alors sous le pseudonyme de Stig Höök des dessins résolument antinazis, sans pour autant faire le lit de Staline, dans la veine de ceux qu’il publia dans les années trente en tant que Blix, ce qui causa bien des troubles diplomatiques.
Cet antinazisme contraste donc avec les positions de la plupart de ses anciens collègues du Simplicissimus — bien qu’il les ait d’abord accompagnés dans leur élan patriotique pendant la Première Guerre mondiale (après que Heine eut voulu arrêter la publication en 1914) en oubliant l’esprit d’origine, antiautoritaire, antiprussien, anticlérical, anticolonialiste au profit des seuls traits pourfendant et ridiculisant les ennemis de l’Allemagne, et aussi en stigmatisant les troupes africaines françaises, dévoyant par-là l’esprit anticolonialiste d’avant guerre pour flatter la pureté de l’âme allemande et fustiger la lâcheté d’une France décadente — ce que le Simplicissimus continua d’exprimer lors de l’«occupation sénégalaise » de la Sarre.

Blix,  juin 1917 



Ragnvald Blix s’installe au Danemark en 1945 avec sa femme danoise, et meurt en 1958 à Copenhague.





Blix au Simplicissimusragnvaldblix.blogspot.fr
Ragnval & Ida Bix’ Fond : http://www.blixfond.dk/

Les dessins sont issus de http://www.satirarkivet.se/visa_hist.asp?Sid=138&e=e001&H=a&Bild=5 (avec leurs dialogues en suédois)








19 juillet 2012

Dans les valises de Buster Keaton


Qu’ai-je trouvé dans les valises de Keaton ? Non pas ses gags qui restent inaccessibles, seulement les affiches du dessinateur suédois Carl Gustaf Berglöw (1899-1979) pour des films où Keaton était désormais confronté à la gageure de devoir « parler facilement », où le gag perdait sa vertu cardinale.


Speak Easily (Le professeur), Carl Gustaf Berglöw, 1933


« Grand-mère avait aussi une autre qualité charmante. Elle adorait aller au cinéma et si le film était autorisé aux enfants (le lundi matin, elle regardait les nouveaux programmes des cinémas à la troisième page de l’Uppsala Nya Tidning) il n’était pas nécessaire d’attendre le samedi ou le dimanche après-midi pour y aller. Une seule chose perturbait notre plaisir. Grand-mère avait une paire d’horrible bottes en caoutchouc et elle n’aimait pas les scènes d’amour, moi, je les adorais. Quand le héros et l’héroïne exprimaient trop longtemps et d’une façon trop langoureuse leurs sentiments, les caoutchoucs de grand-mère commençaient à grincer. Ça faisait un bruit épouvantable qui remplissait toute la salle. » 
Ingmar Bergman, Laterna magica


Les bottes ont-elles grincé lors de cette scène ?  http://www.youtube.com/watch?v=RryWVTkxC4A
Ou bien, à quinze ans, Ingmar Bergman était-il délivré de la censure de sa grand-mère ? 

The Passionate Plumber (Le plombier amoureux), Carl Gustaf Berglöw, 1932


7 février 2012

L'Exposition universelle




« La personnalité de chaque peuple se révèle plus fortement par l’ordonnance intérieure des pavillons que par leur silhouette architecturale. Tout concourt à l’exprimer dans la disposition des lieux, leur décoration, la mise en valeur des objets exposés. Une atmosphère en émane qui s’impose à notre sensibilité. Et comment n’être pas frappé par ce que dégage le spectacle de l’immense vaisseau du pavillon allemand où règne l’ordre le plus méthodique aussi bien dans la distribution des éléments décoratifs : luminaires aux formes trapues, tableaux de mêmes dimensions et de même esthétique, tapisseries et mosaïques, que dans l’ordonnance de vitrines de même modèle qui, dès l’entrée, s’offrent à la curiosité du visiteur ? D’autres pavillons, tels celui de la Hollande ou de la Suède par exemple, vous accueillent avec une charmante simplicité. On les parcourt familièrement et, dans l’abondante clarté où ils baignent, on examine les objets et les documents exposés avec l’aimable et sympatique curiosité que l’on a pour la collection d’un ami. Le pavillon russe nous suggère une impression de fougue impatiente, un peu fébrile : celle d’un peuple qui fait le recensement des résultats acquis par un prodigieux effort de rénovation économique, cependant que l’Angleterre se montre toute sécurité, aise tranquille, confiance en soi, correction parfaite et que le modernisme italien est imprégné de la noble fierté et des impérieuses disciplines romaines. »

Louis Richard-Mounet, L’Illustration “Exposition 1937”, 14 août 1937



André Steiner, né en Hongrie en 1901, fuit les premières mesures antisémites promulguées par le régent Horthy (numerus clausus pour entrer à l’université) en venant  étudier à Vienne, avant de s’installer à Paris en 1928. Il est un tenant de la « Nouvelle vision ».