Affichage des articles dont le libellé est Rudolf Kriesch. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rudolf Kriesch. Afficher tous les articles

15 février 2015

Chats de race



Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 7 avril 1935



« 17 avril 1935 : je continue de recevoir régulièrement le Magazine félin, bien que non-aryen… j’ai toujours soin de le renvoyer. Le nazisme y donne libre cours à ses élucubrations les plus proprement grotesques. Le “chat allemand” :/: les chats étrangers “aristocratiques”. En accord avec les idées de notre Führer, etc. […] Les associations regroupant les propriétaires de chats sont aujourd’hui fédérées au niveau du Reich ; seuls les aryens ont le droit d’en faire partie. Je n’aurai donc plus à payer mon Mark mensuel pour l’association locale. »
Victor Klemperer, Mes soldats de papier,
Journal 1933-1941


n°438

22 juillet 2013

Doppelgänger



Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Superstition, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, En lutte contre la machine, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Retour de la montagne, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, La foi de l’oie (traduction très libre), Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, La Loi de l’essence (traduction très libre), Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Simplicissimus, 1933

Rudolf Kriesch, Sentiments d’infériorité, Simplicissimus, 1933


Avant de séparer son activité dans le Jugend entre deux hétéronymes http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/rubey-demasque.html, Kriesch dessinait déjà activement pour le Simplicissimus (les deux titres étaient liés) où Th. Th. Heine l’avait engagé en 1931, et il poursuivit jusqu’au bout cette collaboration. L’année 1933 ne vit aucun changement dans la nature de son travail.
Au vu de ses dessins de 1944, il resta à distance de la réalité qui l’entourait, publiquement du moins, multipliant les scènes de charme (même si elles évoquaient parfois la situation de guerre comme ci-dessous), avec toujours le même brio et une manière de plus en plus évanescente (curieusement se rapprochant parfois de la mélancolie de Pascin). Un autre masque ?


Rudolf Kriesch, Simplicissimus, septembre 1944,
un de ses tout derniers dessins pour le magazine. 

19 juillet 2013

Rubey démasqué !


Le feuilleton de l’été À la recherche de Rubey fait long feu.
Le trou dans l’histoire tout récemment évoqué s’est brusquement comblé en y regardant d’un peu plus près. http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/un-trou-dans-lhistoire.html
Une erreur que le maquettiste du Jugend — ou son secrétaire de rédaction — commettait parfois met fin à toutes les conjectures sur l’identité de Rubey, quand il confondait le K et le R de sa signature (ressemblance qui a embrouillé aussi les concepteurs du site du Jugend dans la mise au point de leur index, attribuant à Kriesch, en 1935, bien des dessins signés Rubey).


Jugend, 1935, Rubey, identifié dans l’index du site du Jugend comme un Kriesch,
ce qu’il devait souhaiter si l’on en croit l’initiale K.  

Jugend, 1935, Rubey/Kriesch


Ainsi, Rubey n’est autre que le pseudonyme de Rudolf Kriesch, Autrichien né à St-Pölten en 1904 et mort à Munich en 1992, qui collabora au Simplicissimus de 1931 à 1944, et au Jugend de 1931 à 1936 (cette même année où « Rubey » disparut de ses pages). Ce masque n’avait sans doute pour fonction que de ne pas paraître trop envahissant dans les deux magazines, le réservant à une majorité de ses dessins pour le Jugend.


Jugend, 1936, Rudolf Kriesch, comme l’indique aussi l’index du site du Jugend.
Jugend, 1936, Rubey, l’autre moitié du dessin,
le R montre bien que Kriesch voulait qu’il fût signé Rubey,
comme l’indique aussi l’index du site du Jugend.

S’il est possible de définir une différence entre les deux hétéronymes, risquons que Kriesch, dès avant l’installation des nazis au pouvoir, proposait des sujets frivoles, voire mondains avec un goût pour les femmes séduisantes, alors que son double Rubey s’attachait davantage à l’évocation des populations plus modestes.
Mais terminons tout de même le cycle « Rubey » avec deux dessins de l’année 1936 parmi une douzaine où Kriesch en finit avec ce pseudonyme en rendant des dessins à connotation politique, pleine page, en phase avec la politique étrangère du Reich, tâche (à contre-emploi ?) qu’il ne poursuivit pas l’année suivante dans le Simplicissimus, se spécialisant plutôt dans la rubrique futilités & loisirs.  



Rubey, Jugend, 1936

Rubey, Jugend, 1936

Nous avions déjà croisé brièvement Kriesch dans cette colonne : 

20 août 2012

Numéro spécial Jeux

Le numéro du Simplicissimus daté du 9 août 1936 est entièrement consacré aux Jeux Olympiques qui se déroulèrent à Berlin dans la première quinzaine du mois. 
La revue satirique s’était rendue aux nazis dès lors qu’elle ne s’était pas sabordée en 1933, quand sa mise au pas fut symbolisée par l’exil de son co-fondateur Th. Th. Heine, frappé par les mesures antisémites, bien sûr, mais qui était aussi certainement la conscience politique la plus affirmée comme son emprisonnement sous Guillaume II l’avait montré près de quarante ans plus tôt : http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=679969243926601221. 


Après Le Triomphe de la volonté, Leni Riefenstahl va tourner Les Dieux du stade, l’occasion pour Karl Arnold d’une petite pique, sans doute très mesurée, sans qu’on puisse en saisir la réelle portée.





Les épreuves d’athlétisme eurent lieu du 2 au 9 août.
Doit-on être surpris que le sprinter représenté par Rudolf Kriesch (qui collabora régulièrement au Simplicissimus de 1931 à 1944) soit Archie Williams, un Noir américain, étudiant à Berckeley, alors qu’il n’avait pas encore gagné le 400 mètres olympique, même s’il avait remporté au préalable le championnat des États-Unis en descendant deux fois sous les 47 secondes, ce qui en faisait un favori pour les Jeux où il courut la finale en 46 s 5/10, comme l’étaient pour Rudolf Kriesch le Japonais Shuhei Nishida à la perche, en argent à Los Angeles, et le Finlandais Matti Järvinen au javelot, champion olympique sortant, mais qui n’eurent pas le même bonheur qu’Archie Williams de monter sur la plus haute marche du podium.
Évoquant l’affaire Owens, Archie Williams aurait déclaré : « Hitler wouldn’t shake my hand either. »
http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=6059992510419040435


P. S. (31 août) : Gabriel Hanot, dans L’Illustration du 15 août 1936, rapporte que « les États-Unis ont perdu dimanche la course du 1600 mètres (4 fois 400 mètres) relais.
Pourquoi ? Parce qu’ils avaient renoncé à l’appoint des deux athlètes noirs Williams et Lu Walle (sic), afin d’aligner quatre blancs. On s’est perdu en conjectures sur les raisons de cette élimination des deux nègres. Le motif nous apparaît lumineux et nous vous le soumettons. Avant ce 1600 mètres relais, les coloured men des États-Unis avaient gagné 6 épreuves, les blancs 5, tandis qu’une équipe 50% noire et 50% blanche avait ravi les 400 mètres relais. De toute évidence, les dirigeants américains voulaient obtenir un équilibre parfait des victoires entre les blancs et les noirs. De là leur essai, qui fut un échec. »
La Grande-Bretagne (composée de quatre Blancs) devança les États-Unis (composée de Harold Cagle, Robert Young, Edward O’Brien et Alfred Fitch), en 3 mn 9 s contre 3 mn 11 s.
Pour suivre l’hypothèse de Gabriel Hanot, l’équipe américaine ayant incorporé in extremis deux athètes noirs, Jesse Owens et Ralph Metcalfe, pour le 4 x 100 m (400 mètres relais), à la place deux blancs, mais juifs, ils se seraient retrouvés dans l’obligation pour remplir leur quotas, par un jeu de vases communicants, de ne pas sélectionner deux Noirs, le champion olympique de la distance, Archie Williams, et LuValle, médaillé de bronze. Mais rappelons que les sélectionnés dans les relais n’étaient pas nécessairement les quatre meilleurs.
http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=6274362319164239816