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28 octobre 2018

1920’s





Après les années 30 (n°527), les années 20 vues depuis les années 50 par Saul Steinberg.
(merci Thierry Dalby)


n°528

7 juin 2018

1930’s



Saul Steinberg, Change of Mind 1900-1950, 1930’S, Vogue (1950)


Daniel Bueno me fournit l’occasion de réactiver ce blog en sommeil. Que Saul Steinberg en soit l’heureuse cause n'est sûrement pas dû au hasard. En quelque sorte, ce dessin résume l’ensemble des cinq cent vingt-six précédentes publications.


n°527


25 janvier 2017

Les débuts de Steinberg dans PM






Un grand merci à Sheila Schwartz, directrice de la recherche et des archives de la Saul Steinberg Foundation (http://www.saulsteinbergfoundation.org), de m’avoir envoyé ce document suite à ma précédente publication. 






n°516

13 janvier 2017

Steinberg’s Strips



Saul Steinberg, in PM



Fuyant les lois raciales de l’Italie fasciste où il étudia l’architecture (après qu’il eut étudié la philosophie et les lettres à Bucarest), Saul Steinberg émigra à grand peine aux États-Unis en 1941, via le Portugal et après un séjour d’un an à Saint Domingue, le temps d’obtenir son visa en mai 1942. Il avait déjà publié dans le Harper’s Bazaar, Life et le New Yorker, et c’est avec ce dernier qu’il signa un contrat le 14 mai 1942 en s’installant à New York, prémices d’une collaboration qui dura près de soixante ans.
Ces strips parus dans PM (magazine libéral interventionniste, fondé par Ralph Ingersoll en 1940, où il débuta le 11 janvier 1942), épousant une forme traditionnelle, sont une exception dans son œuvre. Naturalisé américain, Steinberg rejoignit les troupes américaines en Europe fin 1943, via la Chine, l’Inde et l’Algérie pour gagner Naples et accompagner la campagne de libération de l’Italie, dûment accrédité par les services de propagande, rapportant des dessins au fur et à mesure de l’avancée des troupes. 



n°515

15 février 2012

Bird's Eye View



Quand en 1976 Saul Steinberg dessina cette couverture du New Yorker, une des plus fameuses devenue un emblème, pensait-il au The New Yorker’s View of the United States de John T. McCutcheon ? Sa date ne m’est pas connue, probablement largement avant 1930*, alors que Steinberg n’avait sans doute pas encore envisagé d’émigrer — voire n’était même pas né (il quitta la Roumanie pour étudier l’architecture à Milan en 1933, puis, sous la menace des lois antisémites italiennes, gagna les États-Unis en 1941).
Qu’il connût ou non le dessin de McCutcheon, que ce fût une coïncidence ou un hommage (ou même un remake), ce serait une erreur de ne pas y reconnaître le génie chez Steinberg (il voit plus loin, géographiquement et plastiquement), sans considérer pour autant l’œuvre étonnante de McCutcheon (une meilleure résolution de l’image permettrait de mieux l’apprécier) seulement comme un « plagiat par anticipation ».

John T. McCutcheon

* Chicago Tribune, 1922 (thanks Sheila Schwartz, The Saul Steinberg Foundation, e-mail du 18 janvier 2017) 

Émettons un autre hypothèse, sans doute plus crédible : que McCutcheon et Steinberg aient puisé à la même source cartographique. N’ont-ils pas eu la même idée d’extrapoler à partir des cartes en bird’s eye view ?





Pour conclure, donnons la parole à Sempé (1962), de surcroît grand admirateur de Steinberg, également chantre de New York et sociétaire du New Yorker :






15 août 2011

Dugo, par quelques détours



Dugo, Simplicissimus, 19 septembre 1927



Parmi tous les dessinateurs du Simplicissimus, se distinguent les pensionnaires, les tauliers prodigieux, Heine, Wilke, Bruno Paul, Gulbransson, Blix, Thöny et bien sûr Karl Arnold très à l’honneur ici, qui monopolisent les pleines pages et les couvertures, mais on croisera aussi Pascin, George Grosz ou Alfred Kubin qui y pigent de-ci de-là dans les pages intérieures, au mieux sur une demi-page, quelques femmes dont Jeanne Mammen et Käthe Kollwitz, un Français, Bing, Henry Bing, qui survécut à la Première Guerre dans ces pages allemandes !, et puis, au détour d’un clic (www.simplicissimus.info), on tombe sur Dugo, on se demande qui est ce Dugo qui fait vaguement penser à Steinberg, en l’anticipant, qui décrit le cinéma sous un angle peu flatteur, où des Nana courent la carrière, dans ce dessin paru le 19 septembre 1927, soit trois semaines avant la sortie du Chanteur de jazz, on se renseigne sur l’internet, pas grand-chose, seulement ici Adrian M. Darmon, dans son livre Autour de l’art juif (aux éditions Carnot), fait naître Andras Szenes hongrois en 1896 mais ignore la date de sa mort, le définit comme peintre expressionniste, portraitiste comme l’illustre sur Google images Hölgyportré (Portrait de femme) en vente sur le site d’Arcadia, lot 139, 57 x 51, un unique et beau portrait de femme mélancolique, au teint bistre, au nez aquilin, aux grands yeux noirs sombres et cernés, dans une veine proche de Pascin peignant Hermine David, et aussi caricaturiste dans le Simplicissimus, Jugend et Le Rire, et là, riche de ce nouvel indice, en cherchant Andras Szenes sur le moteur, grâce au Dr. Leslie qui semble illustrer sa notice d’un portrait de l’artiste par un confrère dessinateur, sauf que, à regarder de plus près, on reconnaît la signature de Dugo et on distingue le nom de Paul Rand, sans doute le graphiste designer né Peretz Rosenbaum à Brooklyn en 1914 il y a exactement aujourd’hui quatre-vingt dix-sept ans et qu’en tout état de cause, c’est Dugo qui tire le portrait de son ami Paul Rand dessinant un logo et non l’inverse, Paul Rand immortalisant son ami Dugo en caricaturiste, ainsi, après ce détour, trouve-t-on Andre Szenes (moins bien traité que son compatriote Arpad), né en 1895 et mort en 1957, qui étudie l’architecture à Budapest, combat pendant la Grande Guerre dans l’armée austro-hongroise avant de se retrouver à Munich (berceau du Simplicissimus) où il étudie l’art, y expose ainsi qu’à Budapest, et, après une période parisienne, émigre en 1939 à New York où la postérité ne semble retenir de son art, à part quelques apparitions dans Vanity Fair et le Harper’s Bazaar où il croisa peut-être Saul Steinberg, que les timbres de la campagne prophylactique contre la tuberculose (National Tuberculosis Christmas Seals) émis en 1943 et 1950.