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24 décembre 2019

Ozu & Oberlé





Couverture de Jean Oberlé que l’on retrouve dans « Où sont les rêves de jeunesse » de Yasujiro Ozu (1932), d’après la pièce de Meyer-Förster déjà portée à l’écran par Lubitsch dans « Le Prince étudiant » (1927). 






n° 532

2 août 2014

Gloire et ingratitude



Paolo Garretto, Vanity Fair, 1934


Le Napolitain Paolo Garretto (1903-1989) émigra aux États-Unis où il se distingua en caricaturant tout ce que le monde comptait de personnalités, des arts et de la politique, pour Fortune, The New Yorker et surtout pour Vanity Fair dont il fut le porte-drapeau avec le Mexicain Miguel Covarrubias.
Mais cette gloire américaine ne lui fut d’aucun secours quand survint la Seconde Guerre mondiale puisqu’il fut expulsé vers l’Italie où il dut affronter de redoutables épreuves. http://www.nytimes.com/1989/08/08/obituaries/paolo-garretto-is-dead-italian-caricaturist-86.html


http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Paolo%20Garretto



n°394

22 mai 2013

Le cercle de Covarrubias





Les presses universitaires du Texas ont édité The Covarrubias Circle en 2004, autour de la collection du photographe Nickolas Muray composée pour l’essentiel d’œuvres de Miguel Covarrubias.
Muray est né en 1892 en Hongrie sous le nom de Miklós Mandl, il émigre à New York en 1913, collabore au Harper’s Bazaar, à Vogue, à Vanity Fair et est resté célèbre pour un portrait emblématique de Frida Kahlo, éminente figure de ce « cercle » à haute teneur mexicaine.





Vanity Fair, mai 1925


De gauche à droite : Riche patron, auteur dramatique, poète, cubiste, actrice et éditeur, 
et, au premier plan : socialiste et rédactrice
Vanity Fair
, mai 1925



« Qu’on puisse être vu avec tant de facilité par un garçon de vingt ans, par un Mexicain, un ressortissant d’un pays pour lequel nous avons de la condescendance depuis un siècle ou deux, un émigré et un païen, est une pilule bien amère, mais salutaire. »
Ralph Barton, New York Herald Tribune, 1925



Paul Whiteman, ca. 1924


William Faulkner, à propos de Sanctuaire, 1932



La Hongrie est aussi le pays du sabre, et Nickolas Muray représenta les États-Unis dans cette discipline aux Jeux olympiques de 1928 et 1932 où ses ex-comptriotes Ödön Tersztyánsky et György Piller emportèrent la médaille d’or.



Miguel Covarrubias, Nickolas Muray, ca. 1927


16 mai 2013

Patterson le magnifique










Dans son introduction de Top Hats and Flappers, The Art of Russell Patterson paru chez Fantagraphics Books en 2006, Armando Mendez situe Russell Patterson (1893-1977) parmi ses confrères dessinateurs du Jazz Age qui enchantaient les pages de Life, du Harper’s Bazaar, de Vanity Fair et du New Yorker : Il n’y a aucun doute que dès 1926, Patterson était si fort qu’il fallut compter sur lui, il a rapidement supplanté John Held, Ralph Barton et Miguel Covarrubias comme le dessinateur le plus populaire publiant dans les magazines majeurs. Et puis, comme le notait leur cadet Al Hirschfeld, “Les jupes courtes ont disparu, les jupes longues sont arrivées. John (Held) ne pouvait pas dessiner ces jupes-là, c’est donc Russell Patterson qui a pris le boulot”. 
Et Milton Caniff considérait que Patterson, davantage encore que Scott Fitzgerald et John Held Jr., symbolisait cet esprit de l’entre-deux-guerres : “He had the flair. He had the touch.”
Cependant, contrairement à Fitzgerald, il est bien difficile d’entrevoir dans les dessins foncièrement légers et optimistes de Russell Patterson la dimension mélancolique de cette époque, en deçà de la crise de 1929. 



5 avril 2013

Heart in a Hurricane



Charles G. Shaw, Ralph Barton, Heart in a Hurricane, Brentano’s, New York 1927



Charles Green Shaw, graphiste et illustrateur, qui écrivit dans les années vingt pour le New Yorker et Vanity Fair, mais surtout peintre qui se tourna résolument vers l’abstraction, s’adjoint pour Heart in a Hurricane d’un talent complémentaire à sa littérature humoristique, comme Ralph Barton l’avait montré peu auparavant avec l’énorme succès des Hommes préfèrent les blondes d’Anita Loos.













4 mars 2013

Une petite robe de fêtes



A American Print, Ralph Barton, circa 1927



Cette robe réunissant le tout Hollywood figurait sans doute en bonne place dans l’exposition The Jazz Age, au Museum of Art, Rhode Island School of Design Providence en 1968, sous la houlette de Richard Merkin qui y étudia avant d’y enseigner, reprise aussitôt à la Art Gallery State University of New York College at Potsdam, consacrée à  Miguel Covarrubias, John Held, Jr. et Ralph Barton, trois dessinateurs emblématiques de cet âge fitzgeraldien. 
Son motif  reprend le dessin publié dans Vanity Fair en juin 1927, A Tuesday Night of the Cocoanut Grove in Los Angeles.









The Jazz Age, catalogue 1968, John Held, Jr.


4 juillet 2012

Un 4-juillet


Paolo Garretto, 1933


« — Nous allons rendre visite à un ingénieur et à sa femme, dit William. Il avait gagné beaucoup d’argent voilà trois ans, avait fait construire une belle maison à deux étages pour sa famille, l’avait meublée très bien. Le reste de sa fortune était palcé en actions qui montaient, montaient sans cesses. Son métier lui rapportait gros également. Il avait trois voitures. Puis, presque en même temps, les chantiers où il rtavaillait cessèrent toute activité et ses  actions ne valurent plus rien. Il hypothéqua sa maion, vécut sur cet emprunt, espérant fermement que tout se remettrait vite. Il y a trois ans que dure cette attente… […] 
Il faisait, dans la maison, un froid glacial et pénétrant. 
— Depuis deux hivers, nous ne pouvons plus chauffer, dit l’hôte… […]
— Les secours du chômage nous sont refusés parce que nous avons une maison. Mais elle est hypothéquée plus qu’elle en vaut maintenant. Et si nous l’avons encore, c’est que notre créancier ne trouve pas d’acheteur. »
Joseph Kessel, Les « cols blancs », New York, hiver 1932-33


Le numéro de cette semaine de Vanity Fair fait grand cas des acrobaties fiscales du candidat républicain, Mitt Romney.
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/07/03/vanity-fair-mitt-romney-ses-faibles-impot-et-ses-vastes-comptes-offshore/

10 septembre 2011

Lectures putatives de William Faulkner

Continuons à imaginer les lectures de Faulkner, quand il laissait de côté Melville, Keats et Mallarmé, se prenant alors à rêver qu’il aurait pu, si la littérature ne l’avait pas dévoré.
Il était abonné à Life (le premier Life, parangon de la frivolité des années folles, avant celui fondé en 1936 qui porta la photo au pinacle) où, avant tout, il attendait impatiemment les couvertures dessinées par John Held Jr. — élevé à Salt Lake City sous les auspices de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours — qui, comme Ralph Barton, travailla pour Judge, Vanity Fair, le New Yorker, et… Life.



Cependant la chronologie n’indique pas que les dessins chic de Faulkner doivent à l’admiration de ceux de John Held Jr. qui ne semblent pas les précéder.


Sans prendre trop de risques, mettons cette communauté sur le compte de l’humeur d’une époque, celle où Scott Fitzgerald publia Tales of the Jazz Age (1922), sous une couverture de John Held Jr.





Le blog Gonefishing www.gonefishing.fr/article-william-faulkner-styliste-44089258.html a publié un bel ensemble des dessins de Faulkner.

15 août 2011

Dugo, par quelques détours



Dugo, Simplicissimus, 19 septembre 1927



Parmi tous les dessinateurs du Simplicissimus, se distinguent les pensionnaires, les tauliers prodigieux, Heine, Wilke, Bruno Paul, Gulbransson, Blix, Thöny et bien sûr Karl Arnold très à l’honneur ici, qui monopolisent les pleines pages et les couvertures, mais on croisera aussi Pascin, George Grosz ou Alfred Kubin qui y pigent de-ci de-là dans les pages intérieures, au mieux sur une demi-page, quelques femmes dont Jeanne Mammen et Käthe Kollwitz, un Français, Bing, Henry Bing, qui survécut à la Première Guerre dans ces pages allemandes !, et puis, au détour d’un clic (www.simplicissimus.info), on tombe sur Dugo, on se demande qui est ce Dugo qui fait vaguement penser à Steinberg, en l’anticipant, qui décrit le cinéma sous un angle peu flatteur, où des Nana courent la carrière, dans ce dessin paru le 19 septembre 1927, soit trois semaines avant la sortie du Chanteur de jazz, on se renseigne sur l’internet, pas grand-chose, seulement ici Adrian M. Darmon, dans son livre Autour de l’art juif (aux éditions Carnot), fait naître Andras Szenes hongrois en 1896 mais ignore la date de sa mort, le définit comme peintre expressionniste, portraitiste comme l’illustre sur Google images Hölgyportré (Portrait de femme) en vente sur le site d’Arcadia, lot 139, 57 x 51, un unique et beau portrait de femme mélancolique, au teint bistre, au nez aquilin, aux grands yeux noirs sombres et cernés, dans une veine proche de Pascin peignant Hermine David, et aussi caricaturiste dans le Simplicissimus, Jugend et Le Rire, et là, riche de ce nouvel indice, en cherchant Andras Szenes sur le moteur, grâce au Dr. Leslie qui semble illustrer sa notice d’un portrait de l’artiste par un confrère dessinateur, sauf que, à regarder de plus près, on reconnaît la signature de Dugo et on distingue le nom de Paul Rand, sans doute le graphiste designer né Peretz Rosenbaum à Brooklyn en 1914 il y a exactement aujourd’hui quatre-vingt dix-sept ans et qu’en tout état de cause, c’est Dugo qui tire le portrait de son ami Paul Rand dessinant un logo et non l’inverse, Paul Rand immortalisant son ami Dugo en caricaturiste, ainsi, après ce détour, trouve-t-on Andre Szenes (moins bien traité que son compatriote Arpad), né en 1895 et mort en 1957, qui étudie l’architecture à Budapest, combat pendant la Grande Guerre dans l’armée austro-hongroise avant de se retrouver à Munich (berceau du Simplicissimus) où il étudie l’art, y expose ainsi qu’à Budapest, et, après une période parisienne, émigre en 1939 à New York où la postérité ne semble retenir de son art, à part quelques apparitions dans Vanity Fair et le Harper’s Bazaar où il croisa peut-être Saul Steinberg, que les timbres de la campagne prophylactique contre la tuberculose (National Tuberculosis Christmas Seals) émis en 1943 et 1950.