Affichage des articles dont le libellé est Erika Mann. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Erika Mann. Afficher tous les articles

17 janvier 2014

Mephisto



THOMAS MANN ET SON FILS KLAUS
« Tu sais, papa, les génies nont jamais d
enfants géniaux, alors tu nes pas un génie. »

Th. Th. Heine, Simplicissimus, 1925



Dans Mephisto (1936), Klaus Mann fait dire à son personnage Ulrichs, militant communiste : « Dans une cerveau aussi jeune, tout est confus, inexpliqué. Aujourd’hui, circulent des millions d’individus comme ce Miklas. Tous éprouvent une haine commune, et c’est bon, car cette haine s’adresse à l’état des choses actuel. Mais si un type comme celui-là a la malchance de tomber entre les mains des suborneurs, ils gâchent sa bonne haine, ils lui racontent que les Juifs sont coupables de tous les maux et du traité de Versailles, et il croit ces sornettes, il oublie qui sont les vrais coupables, ici et partout. C’est la fameuse manœuvre de détournement, et après toutes ces jeunes têtes brûlées, ignorantes de tout et incapable de réfléchir juste, elle réussit. Voilà ce petit tas de misère assis là, et qui se laisse injurier et traiter de nazi. »
La scène se situe aux tout débuts des années vingt.



Thomas Mann, sa femme, ses enfants Erika et Klaus, 1931


15 septembre 2012

Thomas Mann écrit à Olaf Gulbransson


Olaf Gulbransson était un grand admirateur de Thomas Mann, voire un de ses amis, et l’inverse était vrai comme le montre ce courrier du 19 mai 1927, depuis Munich, où Thomas Mann lui écrit :
« […] Haben Sie vielen Dank für das schöne, schöne Buch ! Sie haben Andersen so entzückend illustriert, wie ich immer erwartet hatte, wenn Sie es einmal tun würden. Ich lese die Geschichten bei dieser Gelegenheit wieder und fühle mich Ihnen in der Verehrung, die Sie in der Einbandzeichnung ausdrücken, freundschaftlich verbunden […] »*

« Merci beaucoup pour ce très beau livre. Vous avez illustré Andersen de si jolie manière comme je l'ai toujours attendu de votre part. De cette façon, je relis les contes et me sens amicalement proche de vous par votre dédicace de couverture. »

Olaf Gulbransson, page titre pour Le vilain petit canard, de H. C. Andersen

En 1933, la fille de Thomas Mann, Erika, lance cette exhortation à Gulbransson «… Zeichne — unterschreibe nicht… » « … Dessine, ne signe pas… » ce qui sans doute se rapporte au fait qu’après avoir dans un premier temps refusé de signer une lettre ouverte s’opposant à la tenue de la conférence de Thomas Mann Grandeur et souffrance de Richard Wagner, le 10 février 1933 à l’université de Munich (qui fut perturbée par les SA, comme le rapporte Jean-Michel Palmier dans Weimar en exil, « [les nazis lui reprochant que] sa réelle admiration pour Wagner était tempérée par une critique de son nationalisme et la reprise d’un certain nombre de critique de Nietzsche »), Gulbransson cède devant l’insistance de ses collègues de l’Académie des beaux-arts de Munich, attitude d’hostilité dénoncée par la presse étrangère, et qui lui vaut de voir beaucoup d’amis lui tourner le dos après cette trahison qu’il aurait aussitôt regrettée, en demandant l’annulation de sa signature auprès de Bernhard Bleeker, un sculpteur bien en cour.


« Bernhard Beeker, le sculpteur de quantité de têtes, trébuchant sur une fugue de Jean-Sébastien Bach »,
Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 10 septembre 1933


Cependant, après une alerte en 1933 marquée par l’interdiction d’une exposition et la menace d’être envoyé à Dachau, sa situation s’améliora en 1935 suite à l’intervention de Ribbentrop qui était mariée à la fille d’un de ses meilleurs amis.
Il poursuivit sa collaboration au Simplicissimus jusqu’en 1944, sans jamais déranger le pouvoir, en s’illustrant en particulier par ses caricatures acerbes à l’encontre de Churchill, Roosevelt et Staline.


Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 1er octobre 1928

Olaf Gulbransson, Lacadémie des poètesSimplicissimus, 25 novembre 1929

Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 2 novembre 1930

Olaf Gulbransson, Simplicissimus, 9 février 1931