Affichage des articles dont le libellé est Max Heilbronn. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Max Heilbronn. Afficher tous les articles

18 décembre 2011

Max Heilbronn (homonymie)


Quand il s’est agi d’illustrer l’article sur le fondateur de Monoprix*, Max Heilbronn, je n’ai trouvé qu’une seule photographie sur l’internet, un très beau portrait d’un jeune homme justement nommé Max Heilbronn, identifié comme étant le fondateur de Monoprix par le site des Anonymes, Justes et persécutés dans la période nazie.

Et puis s’est manifesté le neveu d’un autre Max Heilbronn, né au Luxembourg en 1920, qui fut déporté en 1943 à Maïdanek d’où il ne revint jamais.
La photo, m’écrit mon correspondant, a été prise à Cazaubon (dans le Gers), peu avant son arrestation le 24 février 1943, où il était réfugié au centre d’accueil du Bégué** fondé par la Direction des Centres d’accueil de l’abbé Glasberg, prêtre français d’origine juive (parlant yiddish), qui entra dans la clandestinité fin 1942, après que la zone non occupée (Unbesetztes Gebeit) fut occupée effectivement par les Allemands.



* publié le 5 décembre dernier
** site Traces & empreintes : http://www.jewishtraces.org/rubriques/?keyRubrique=le_chteau_du_bgu



5 décembre 2011

Monoprix 40-45


Sur le site de Monoprix, une chronologie raconte son histoire. Les dates de 1940 et 1945 retiennent l’attention.

1940 - « La construction du réseau Monoprix se poursuit. Chaque année, de nombreux magasins ouvrent leurs portes portant le nombre total de points de vente à 63. En parallèle, la centrale d'achats créée dès les origines poursuit son développement. »
1945 - « Durement épouvé par la Seconde Guerre mondiale, le réseau Monoprix commence sa renaissance dès 1945. »

Par les termes utilisés, par ses lacunes décelables, par son ellipse, ce résumé historique sibyllin intrigue. Pour 1940, le temps utilisé, le présent de l’indicatif, est particulièrement ambigu. Il ne dit pas si c’est à cette date que la construction du réseau a atteint soixante-trois magasins, ou si ce chiffre fut atteint pendant l’Occupation (ou « la Seconde Guerre mondiale » comme il est écrit).
Vérification faite, ce survol historique recouvre une réalité autrement plus précise — et grave :
Monoprix, comme les Galeries Lafayette, ont été aryanisés.

Max Heilbronn, gendre du fondateur des Galeries Lafayette, qui créa Monoprix en 1932 à Rouen, fut une grande figure de la France libre qu’il rejoignit dès octobre 1940 (le statut des Juifs instauré par Vichy date du 3 octobre). Il s’y illustra dans le sabotage des trains. Arrêté en 1943 par la Gestapo, il fut déporté à Buchenwald. Il survécut.