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31 mars 2014

Gilsi père & fils



René Gilsi, Nebelspalten, janvier 1932
Des Teutschen Michel Fahrt ins Goethejahr
«Tjaja — damals war noch der GEIST meine starke Seite ! »


Fils du peintre Fritz Gilsi (1878-1961), qui dessina aussi des caricatures pour Nebelspalten, René Gilsi est né en 1905 à Saint-Gall (comme son collègue et rédacteur en chef Carl Böckli), où il est mort en 2002. Sa collaboration au Nebelspalten fut continue.





René Gilsi, Nebelspalten, juillet 1932
Arische Edelzucht
Die Herren Hitler und Hugenberg versuchen durch eine Hakenkreuzung ihre Parteien,
den idealen deutschenWähler zu züchten.

René Gilsi, Nebelspalten, octobre 1933

René Gilsi, Nebelspalten, décembre 1934
« O S A F bleibt der Herr in unserm Hause ! Immerhin kann Ihnen eine Hintertüre
zur Benützung offen gehalten werden.  »

René Gilsi, Nebelspalten, avril 1935
Wesemanns Ende
Es müssen die Wanzen den Hirten im Lande der Geißen —
Es müssen im Lande der Geißen die Wanzen den Hirten
Schon äußerst zahlreich und hundsgemein beißen
Bis er sich entschließt sie nicht mehr so gut zu bewirten. 

Fritz Gilsi, Nebelspalter, mai 1945
Zeitgemöße Züglete
(Zu den Absprüngen in der deutschen Kolonie)

Fritz Gilsi, Jugend (unique publication)
 Abschied, 1916


n° 364

27 mars 2014

Vu par Bö






Carl Böckli (alias Bö, 1889-1970), étudie à la Kunstgewerbeschule de Zürich de 1906 à 1908, travaille comme dessinateur à Milan, Lisbonne et Karlsruhe, avant de rentrer en Suisse pour enseigner jusqu’en 1928 à l’institut Schmidt de Saint-Gall d’où il est originaire, et collaborer à partir de 1922 au Nebelspalten dont il sera le rédacteur en chef entre 1927 et 1962. 




Carl Böckli, Nebelspalter, décembre 1933
Verehrter Herr Doktor Schacht …
so bringen Sie das Rad der Weltwirtschaft nicht in Schwung !

Carl Böckli, Nebelspalter, août 1934
Und der Führer sprach : Nur der Tod kann uns trennen !

Carl Böckli, Nebelspalter, août 1934
Er ist nicht wahrdaß in Deutschland eine Revolution stattgefunden hat.
Tatsache ist, daß lediglich einige Straßennamen geändert wurden. 

Carl Böckli, Nebelspalter, septembre 1934
Reine Zweckbauten
Es ist eine beliebte Uebung der Fröntler geworden, bei der einen Front aus —
bei der andern einzutreten. 



Carl Böckli, Nebelspalter, novembre 1935
Der vorsichtige Meckerer
« Sie müssen wissen — ich bin leidenbschaftlicher Judenfresse ?»
«Ja, was Se nid sage ! Und gellese, wenn Se nach em Fresse Leibschmerze kriege,
ja, wer is dann schuldig — ha, nadierlich wieder amal d Jude gellese ! ? »

Carl Böckli, Nebelspalter, décembre 1935
Lebensmittelknappheit in Deutschland
In Berlin môussen die Hausfrauen für 1/4 Pfund Butter stundenlang Schlange stehen.
Gemecker«Sehnse, dea Hilda hat uns nich umsonst det Paradies vasprochen —
de Schlange hätten wia schon ! »

Carl Böckli, Nebelspalter, janvier 1937
Zum Bündnis Deutschland-Japan

Carl Böckli, Nebelspalter, juillet 1937
Finis
Stalin verhaftet sich !

Carl Böckli, Nebelspalter, octobre 1937
Lundendorff contra Goethe
« — er gleicht dem Geist, den er begreift — nicht mir ! —— »

Carl Böckli, Nebelspalter, mars 1938
Begegnung in Rußland
« Jä, Genosse ! händs Dich au vergässe zverschüße ? ! »

Carl Böckli, Nebelspalter, mars 1938
Der billige Jakob (Schaffner) in der Schweiz
Noch immer hält er Häkchen feil ;
Doch — ob er braun auf weiß beweist,
Daß er zu unserm eignen Heil
Auf den Importatikel reist —
Auf hiesigem Platz ist nichts zu hoffen,
Der Kundenkreis hat sich verloffen.


Carl Böckli, autoportrait


Carl Böckli, autoportrait



n° 363

24 mars 2014

Vu de Suisse






Nebelsplalter (brouillard à couper au couteau) est le magazine satirique suisse fondé en 1875 qui fit, bien involontairement, l’infortune de Karl Holtz http://karlholtz.blogspot.fr/ quand il y publia en 1949 un dessin hostile à Staline, lui qui vivait dans la partie de l’Allemagne contrôlée par les Soviétiques.
Hélas, le fort volume Gegen rote und braune Fäuste, édité en 1949, en reste à 1948.
Dans les années trente, ses caricaturistes suivirent les événements en Allemagne et en URSS en renvoyant Hitler et Staline dos à dos avec la même virulence.



Gregor Rabinovitch, L’écrivain (Franz Hessel), Jugend, 5 octobre 1929

Gregor Rabinovitch, né en 1884 à Oranienbaum (aujourd’hui Lomonossov en Russie), mort à Zürich en 1958, éphémère collaborateur du Jugend, fut parmi ses contributeurs les plus réguliers. 


Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, février 1933
Brautvorführung

Gregor Rabinovitch, Nebensplalter, mars 1933
Die Deutschen Demokraten begeben sich zu einem 4jährige Winterschaft in ihre Höhle. 

Gregor Rabinovitch, Nebensplalter, mai 1933
Schicksalsfrage
« Nationale Front oder nationaler Affront ?»


Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, juin 1933
Das deutsche Lied vor dem Völkerbund

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, novembre 1933
Die Romreise von vierzig Heimatwehrleuten
unter Führung von Oberst Fonjallaz

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, mars 1935
Erinnerungs-Blatt
(Zum Anderken an den ersten politischen Schnupfen in der Geschichte des Taudendjährigen Reiches.)

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, avril 1935
Tellensohn, spricht im Flüsterton, Spitzel gehen um !

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, Mai 1937
(Zur Berner « Aktion » der Nationalen Front)
Die Maske fällt, den Knaben seh’n wir nun, entblößt von allen Reizen ! 


Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, janvier 1938
Berlin, 18. Dez. « Was sind fünf Zentimeter gegen tausend Jahre !! »

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, août 1938
Hier ist Schweizer - und nicht Naziboden !
(Zu Leonardt’s Zürcher Blamage) 


Gregor Rabinovitch, Nebenspalter, novembre 1938
Zeichenunterricht
« Bitte noch ein klein wenig liebenswürdiger ! »

Gregor Rabinovitch, Nebenspalter,  mars 1939
« Ob sie ohne mich den sicheren Kurs steuren werden ? »

25 décembre 2012

Invitation à la promenade





Ce dimanche de printemps-là, Robert Walser répond à « la bonne invitation de Frieda Mermet à monter à Bellelay, à pied ou en car, pour le plaisir de passer huit à dix jours en [sa] compagnie ».

Robert Musil disait de Robert Walser qu’« au jeu littéraire, [il] substitue un jeu humain, plein de souplesse, de rêverie, de liberté et qui offre toute la richesse morale de ces journées d’oisiveté, inutiles en apparence, où nos convictions les plus fermes se défont en une agréable indifférence ».
Et Thomas Mann « ce géant dans le domaine de l’écriture romanesque, me considère, écrit Walser à Therese Breitbach en 1925, comme un enfant tout de même intelligent ».




Walser publia en 1925 chez Rowohlt son dernier livre, un recueil de courtes proses, La Rose, dont il dit, en janvier 1926 dans une lettre à Otto Pick, qu’il « semble frappé de bannissement et de proscription. Rowohlt, à la suite de l’échec de ce livre, me traite en vrai Germain qu’il est, avec toute l’impolitesse qu’on imagine. Néanmoins, je le sers. L’un ou l’autre poème va bien vous plaire. Il y a des gens en Allemagne qui semblent avoir pris la culture en otage, ils croient qu’à force de réfléchir, à force d’y mettre terriblement de sincérité, de solidité, de sérieux, tout ira selon leur tête. Et il y en a qui sont chatouilleux. Tous ces gens chatouilleux, ces gens cultivés, constituaient en 1900 un danger pour l’ordre public ».
Rober Walser est mort le 25 décembre 1956, dans la neige, lors d’une promenade dans la montagne.

http://80grammes.blogspot.fr/2012/12/1956-56_25.html

24 juillet 2011

Wer ist Clément Moreau ?


Quand j’évoquais l’idée d’un détour par Buenos Aires (épisode du 6 juillet, Un jour à New York), comme une des destinations possibles de ce voyage erratique dans les années plus-ou-moins-trente, je ne songeais pas à Clément Moreau car, si je le connaissais vaguement pour l’avoir croisé autrefois sans en avoir retenu le nom, je n’avais jamais pris le temps de m’arrêter.
Clément Moreau est né Joseph K. Meffert (Carl Meffert) à Coblence en 1903. Il émigra en Suisse au début des années trente, dont il fut expulsé comme tant d’autres exilés politiques, gagna alors l’Argentine en 1935 avant de retourner en Suisse en 1961 et y mourir en 1988.

Il choisit le nom de Clément Moreau lors de son exil clandestin en Suisse — Moreau comme le Frédéric Moreau dans L’Éducation sentimentale, révolutionnaire de 1848 ? Clément comme Jean-Baptiste Clément de la Commune de Paris, auteur du Temps des cerises ? ou encore Clément Moreau comme Clément Marot, poursuivi pour hérésie et qui dut s’exiler ?
Il a aussi choisi de n’être d’aucune compromission.
C’est en Argentine qu’il publia un recueil de dessins « illustrant » Mein Kampf qui lui valut d’être poursuivi devant la justice par l’ambassade d’Allemagne. Il gagna son procès et perdit sa nationalité allemande.

















Un petit volume mal foutu mais bien utile était sorti en France en 1976, aux éditions Syros, avec une préface de Max Frisch. Mon père l’avait acheté. J’ai dû le regarder avec étonnement avant de le perdre de vue.




19 juillet 2011

Quelques modèles d’évasions…


Imaginons que Boudu ait échappé au sauvetage de ce bon bourgeois de libraire (qui n’aurait ainsi jamais connu son infortune), qu’il ait dérivé jusqu’à croiser l’Atalante où deux jeunes mariés le recueillent peu en aval de Paris.

Dans La Grande illusion, Jean Renoir choisira Dita Parlo pour être Elsa, la femme allemande qui accueille Maréchal (Jean Gabin) lors de son évasion vers la Suisse.