Affichage des articles dont le libellé est Siegfried. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Siegfried. Afficher tous les articles

23 février 2013

La faillite





Entre 1919 et 1924 Die Pleite (La faillite, l’échec) parut sous la houlette des dadaïstes John Heartfield, Wieland Herzfeld (frère du précédent) et George Grosz — qui n’y revient pas dans ses souvenirs écrits trente ans plus tard où il décrit cette époque avec recul « À l’époque, en tant qu’artistes, nous étions ce qu’il est convenu d’appeler des “dadaïstes”. Si ce choix était l’expression de quelque chose, alors c’était celle d’une inquiétude durable, d’une insatisfaction et d’un goût certain pour la provocation. Les défaites comme les révolutions qui enfantent des temps nouveaux suscitent toujours des mouvements de ce genre. En d’autres temps, nous aurions pu tout aussi bien être des flagellants », voire avec une certaine condescendance rétrospective « Je me jetai à corps perdu dans la politique. Je prononçais des discours, non pas conviction, mais parce que c’était dans l’air du temps, que partout et à toute heure, les poings se levaient, et aussi parce que je n’avais pas encore tiré la leçon de mes récentes expériences militaires. Mes discours n’étaient qu’un stupide blabla pseudo-progressiste mais il était alors si facile de faire illusion, de faire vibrer les cordes sensibles… Souvent, le beau parleur lui-même finissait par se prendre très aus sérieux, complètement sous le charme de ses propres sornettes… » 














Également en 1919 à Berlin, pour cette seule année et six numéros, cette fois en compagnie de John Höxter et Carl Einstein, Grosz créa Der Blutiger Ernst (Ernest ensanglanté). Il fut aussi de l’aventure de Der Gegner, entre 1919 et 1924.  
Ce n’est qu’ensuite qu’il collabora au Simplicissimus, de 1926 à 1932, dans une veine moins frontalement politique. Entre-temps, en 1922, il avait voyagé en Union soviétique où il perdit nombre de ses illusions. 



23 mai 2012

Nostalgie millénaire

Lisant ces jours derniers De la destrucion de W. G. Sebald, je retrouve la bataille d’Arminius (ou de Teutoberg), évoquée naguère : http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Arminius


« […] Les romans de Ledig*, qui ne cèdent en rien aux travaux d’autres auteurs des années cinquante qu’on cite et étudie encore maintenant, furent exclus de la mémoire culturelle parce qu’ils menaçaient de rompre ce cordon sanitaire mis en place par la société autour des périmètres de mort résultant des brèches dystopiques existantes. Ces brèches étaient au demeurant non seulement  le produit […] d’un mécanisme de destruction aux dimensions industrielles, mais aussi la conséquence de la propagation, de plus en plus débridée depuis les tumultes de l’expressionnisme, d’un mythe du déclin et de la dévastation. Anticipant la rhétorique fasciste du combat jusqu’au dernier souffle, le film de Fritz Lang La Vengeance de Kriembild, de 1924, en est le pradigme le plus fidèle, où toute la force armée d’un peuple court plus ou moins sciemment à sa perte pour finalement s’anéantir dans les bûchers d’un spectacle pyromaniaque qui frappe de stupeur. Et tandis qu’à Babelsberg Lang mettait en images reproductibles les visions de Thea von Harbou pour le public allemand, les spécialistes en logistique de l’armée travaillaient déjà, une décennie avant la prise du pouvoir par Hitler, à une ahurissante réédition de l’exploit des Chérusques écrasant les troupes romaines de Varus, un script à vous glacer les sangs qui prévoyait l’anéantissement des troupes françaises sur le sol allemand, la dévastation de contrées entières et des pertes sans nombre parmi la population civile. »

* Gert Ledig (1921-1999), Vergeltung (Sous les bombes), 1956, réédité en Allemagne en 1999, traduit chez Zulma en 2003.  

La mort de Siegfried vue par Th. Th. Heine dans le Simplicissimus du 7 avril  1924
Siegfried dans Fritz Haber de David Vandermeulen (Delcourt)

Ce blog a déjà vu passé Siegfried, et Fritz Lang, dans un tout autre contexte :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2011/08/bisbilles-au-cine-moka.html
Et pour retrouver W. G. Sebald, outre lire ses livres, une seule adresse : http://norwitch.wordpress.co