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10 janvier 2013

Le trio tchèque au complet



Franta Bidlo, Pelc, Hoffmeister & Bidlo


Contrairement à ses deux confrères, Adolf Hoffmeister et Antonín Pelc, František (Franta) Bidlo, né en 1895 à Prague dans une famille modeste, est un artiste autodidacte qui fut d’abord apprenti chapelier à Vienne avant de combattre sur le front italien lors de la Première Guerre mondiale dans les rangs austrois-hongrois, puis d’adhérer au parti communiste en collaborant activement à son organe officiel, le Rudé Právo, et d’assurer, à sa création en 1934, la rédaction en chef du Simplicushttp://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/le-simplicissimus.html

Autoportrait, 1936

C’est à Bidlo que nous devons la définition du mâle aryen idéal, publiée dans le Simplicus : “blond comme Hitler”,“mince comme Goering”, “bien bâti comme Goebbels” et “masculin comme Röhm”.

Il mourut en 1945 après avoir contracté le typhus au camp de Terezín. 


Les messages d’avril, Magazin DP, 1933



Célébrations au lac Máchov, Magazin DP, 1935-36



La civilisation blanche luttant contre l’asservissement des Noirs, Magazin DP, 1935



Immortel Karel Hynek Mácha, Magazin DP, 1936-37



 Confiance en la conférence pour le désarmement, Magazin DP, 1934-35



12 décembre 2012

Les larmes de Mickey





Simplicus, 1935. La NRA* et Mickey Mouse.
Mickey Mouse : « C’est fou ! Le monde entier se moque de moi au lieu s’en prendre à cette affiche ! » 

National Rifle American

11 décembre 2012

Antonín Pelc et l’Espagne



Antonín Pelc dans le Simplicus, à propos de la répression dans les Asturies
 que mena le général Franco, en octobre 1934, à la demande de la IIe République.


Antonín Pelc, 1936

26 novembre 2012

La couleur du Simplicus



Black and White, Antonín Pelc, Simplicus, 1935



Pokrok (Progrès), Antonín Pelc, Simplicus, 1934
« Dříve nas vyhazovali na dlažbu, dnes bohudíky, už máme asfalt »
(Avant on nous jetait sur le trottoir, aujourd'hui, par bonheur, nous avons de l’asphalte)


http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/le-simplicissimus.html
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/a-prague-avec-antonin-pelc.html

24 novembre 2012

À Prague avec Adolf Hoffmeister



Adolf Hoffmeister, Simplicus n°4, 1934
L’ordonnance : “Nous vous annonçons humblement le nouveau magazine, le Simplicus. ”
Le censeur : “Attendez un peu, je dois tailler mon crayon !”



Adolf Hoffmeister est né à Prague en 1902 dans une famille aisée propriétaire d’un grand hôtel. Il voyage à Paris en 1922 où il côtoie le groupe surréaliste, se lie à Soupault et à Tzara, rencontre Le Corbusier, et s’engage alors dans la peinture tout en finissant ses études de droit une fois rentré à Prague. Mais en 1925, son doctorat en poche, il débute dans la caricature, tant de portrait (Cocteau, Maiakovski, Pasternak, Kafka, Seifert, Gorki, Aragon, Joyce…) que politique, particulièrement après l’arrivée de Hitler au pouvoir, dans le Simplicus (http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/le-simplicissimus.html). Il émigre en 1939 vers la France où il est tenu pour un agent de Moscou suite au pacte germano-soviétique, mais parvient à gagner le Maroc, puis le Portugal, Cuba et enfin les États-Unis où, avec Antonín Pelc (http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/a-prague-avec-antonin-pelc.html)il expose au musée d’art moderne de New York. 

Adolf Hoffmeister et Antonín Pelc entourant le président Beneš en exil 
lors du vernissage de leur exposition au Musée d’art moderne de New York, en 1943

En 1945, il est désigné pour représenter la Tchécoslovaquie à l’UNESCO qui siège à Paris, puis devient ambassadeur de son pays en France après le coup de force communiste en 1948, jusqu’au moment du procès Slansky, en 1951, où il est rappelé à Prague et ramené désormais à la seule fonction de professeur à l’école supérieure de cinéma et des arts graphiques (VSUM-PRUM). Dans cette deuxième partie de sa vie, s’il n’abandonne pas la caricature, il privilégie cependant le collage et l’illustration. Hoffmeister meurt en 1973, de retour dans son pays, après avoir quitté la Tchécoslovaquie pour revenir en France quand les troupes du Pacte de Varsovie achevèrent le printemps de Prague, pour y être enseignant à l’université de Paris VIII, à Vincennes.



L’art dans le IIIe Reich, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°1, 1934



Le IIIe Reich en avril : on ne voit plus la famille Goebbels à aucune festivité
car elle se consacre entièrement à des tâches spirituelles
, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°10, 1934



Pablo Picasso peignant Guernica, Adolf Hoffmeister, 1937


Le bienfaiteur : “Bientôt je vous donnerai du gaz pour rien”, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°34, 1934 



17 novembre 2012

À Prague avec Antonín Pelc



Antonín Pelc, Le manifeste tchèque du surréalisme, 1935

Antonín Pelc est né le 16 janvier 1895 à Lišany u Rakovníka en Tchécoslovaquie, dessinateur, peintre et illustrateur, il débute en 1919 dans le šibeničky après des études aux Beaux-Arts de Prague de 1913 à 1916 et sa démobilisation, pour devenir dans les années vingt un caricaturiste politique très en vue, dans le Simplicus http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/le-simplicissimus.html, le Rude Pravo communiste, Lidové NovinyKulturní tvorbaLiterární noviny… jusqu’à publier dans le New York Times. Très impliqué dans le combat antifasciste, il dut s’exiler en 1939 mais, après un séjour à la Santé, il fut interné en France au camp de Damigny, gagne la Maroc en 1940, où il est de nouveau arrêté et interné, puis la Martinique, avant de réussir à atteindre les États-Unis, où il expose en 1943 au musée d’art moderne de New York en compagnie de son ami Adolf Hoffmeister avec lequel il avait partagé son périple, avant de revenir dans son pays à la Libération pour y devenir professeur, d’abord à l’École des arts appliqués puis à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, se consacrant principalement à la peinture tout en soutenant le régime communiste dont il reçut tous les honneurs comme celui d’“Artiste national” en 1963. 
Il meurt en 1967, alors que débute le “Printemps de Prague”.



Antonín Pelc, Národní divadlo o sobě, 1935-36


Antonín Pelc, Autoří podpisují svá díla1935-36


Antonín Pelc, Divadla se připravují, 1935-36


Antonín Pelc, Šetřte plynem!, 1935-36


Antonín Pelc, Volební týden výtvarného umění, 1935-36

15 novembre 2012

Le Simplic[issim]us



Antonín Pelc,  Simplicus n°1,
où l’on distingue Karl Arnold, Olaf Gulbransson, Wilhelm Schulz et Eduard Thöny.

Dans l’article ci-dessous, David Alon ne recoupe pas complètement Jean-Michel Palmier qui écrivait que le Simplicus n’avait vécu guère plus d’un an. http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/simplicissimus-en-exil.html

« Avec la montée des idéologies, la caricature tchèque se politise dans les années 30. En janvier 1934, un groupe d’artistes allemands exilés de l’Allemagne nazie sort à Prague le premier numéro de Simplicus, hebdomadaire satirique. Composé également de nombreux artistes tchèques, Simplicus devient un pôle majeur de lutte contre le danger national-socialiste. Ses armes : l’humour, l’ironie et la satire. On compte, parmi ses signatures, les caricaturistes Antonín Pelc et Adolf Hoffmeister.

Le thème du corps, qui revient souvent au long des publications, est d’abord un prétexte pour s’éloigner de l'esthétique nazie, basée sur la virilité et la masculinité. Il permet aussi, par l’évocation de relations entre nations et religions différentes, de lutter contre les mythes racistes, si puissants dans les années 30. C’est avec une ironie savoureuse que Frantisek Bidlo donne, dans Simplicus, sa définition du mâle aryen idéal : “blond comme Hitler”,“mince comme Goering”, “bien bâti comme Goebbels” et “masculin comme Röhm”. En 1934, se tient, dans la galerie Manes à Prague, la première exposition internationale de la caricature, où les préoccupations contre la montée du fascisme prédominent.
En 1939, Simplicus change de nom pour devenir Le Simple*. Malgré la guerre et l’occupation allemande, la revue maintient un temps ses activités mais ses auteurs sont pourchassés. Adolf Hoffmeister, qui parvient à échapper à la Gestapo, s’exile aux États-Unis après un bref détour par la prison de la Santé à Paris. Dans le recueil Touriste malgré soi, écrit en 1941, il dessine de féroces dessins contre le système nazi. »


* (sic) probablement le Simpl’, comme le Simplicissimus était familièrement nommé.