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1 décembre 2013

Simms Campbell au « Chicagoan »



Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, janvier 1933

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, janvier 1933

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, janvier 1933

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, novembre 1933
(peut-être sous l’influence de Grosz dont il reçut l’enseignement
 à l’Art Students League de New York) 

Pour ses débuts dans The Chicagoan en 1931, Elmer Simms Campbell, qui trouva la célébrité dans Esquire, publiait des pochades dans un style graphique voisin de celui de Peter Arno, avant de proposer aussi des travaux plus personnels où se distingue sa condition de Noir. 

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, août 1931

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, juillet 1931
(on retrouvera le chien dans Esquire)

Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, mars 1933
Elmer Simms Campbell, The Chicagoan, juin 1933



17 mars 2013

Famille nombreuse



« All dat fuss ovah jes five babies », Elmer Simms Campbell, Esquire, 1936

Les lecteurs d’Esquire pouvaient-ils se douter qu’Elmer Simms Campbell était afro-américain quand il dessinait comme personne la prospérité satisfaite et sans histoires de l’Amérique blanche en ces temps de New Deal, mettant particulièrement en valeurs ses jeunes et jolies femmes, dynamiques et élégantes, les pretty women, à l’instar de son mentor Russell Patterson (de 1941 à 1943 il dessinera Cuties in Arms, série très populaire accompagnant l’effort de guerre). Quelles conjectures peut-on avancer sur la réception de ce dessin, premier et dernier du genre parmi les publications de Campbell dans Esquire, faisant allusion à la naissance deux ans plus tôt des quintuplés Dionne, en contrepoint du battage médiatique démesuré de cet événement blanc ? 




9 novembre 2012

Rendez-vous manqué à New York


« Un beau jour de 1933, Clifton Fadiman me dit : “George, pourquoi ne collaborais-tu pas au New Yorker ?”
“Volontiers, répondis-je. Sure…”
À l’époque, Fadiman n’était pas encore un pape de la littérature et une vedette de la radio — il travaillait comme critique littéraire au New Yorker, magazine illustré. Il me promit de parler de moi à qui de droit*. Mes dessins étant tout à fait pour le New Yorker.
Mais il advint ce qu’il advient généralement en pareil cas — je n’en ai plus jamais entendu parler. C’était donc que je n’avais pas ma place au New Yorker. »

George Grosz, Un petit oui et un grand non (éd. Jacqueline Chambon)

* Peut-être Rea Irvin, qui aurait pu considérer Grosz comme trop radical pour le New Yorker. En revanche, osons la conjecture que Karl Arnold y aurait été accueilli avec tous les fastes.


Real Life, George Grosz, Esquire, juin 1937
 http://www.moellerfineart.com/exhibitions/2010-04-20_george-grosz-esq/

Georges Grosz se consola, très modestement cependant, dans Vanity Fair, le Harper’s Bazaar et Esquire (de septembre 1936 à janvier 1939) « une jolie revue pour “College Boys” et autres célibataires », écrit-il, qui accueillait tout de même des auteurs renommés comme John Dos Passos, Francis Scott Fitzgerald, John Steinbeck et même Thomas Mann.

Le seul numéro où George Grosz est crédité en couverture, pour ses débuts,
à côté de la mascotte Esky qu’Elmer Simms Campbell, qui fut son élève, animait chaque mois :
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/08/un-peu-plus-sur-elmer.html. 


Du Grosz rare d’avant l’Amérique : http://50watts.com/2516122/Weimar-Whiplash-Twenty-One-Book-Covers-by-George-Grosz

4 septembre 2012

Seulement une affaire de moustache ?



Roy Nelson (entre 1932 et 1937)

À quel film faisait allusion Roy Nelson (né en 1905, qui fréquenta la Chicago Academy of Fine Arts avant de collaborer au Chicago Daily News et à Esquire où il côtoyait Elmer Simms Campbell http://bilinick.blogspot.fr/2011/03/roy-nelson-sporting-news.htm) ?

Ajouté le 5 janvier 2018 : Alberto Becattini et David Gerstein, dans le volume 1 de l’intégrale du Mickey de Gottfredson, nous apprennent que Roy Nelson est né le 17 mai 1905 dans le Minnesota, qu’il fut cartooniste, graphiste et reporter pour le Chicago Daily News, pour lequel il se rend en Californie pour des reportages, où il se fit embaucher par Walt Disney comme encreur et lettreur pour Gottfredson du 2 juin au 20 septembre 1930, participant sans doute aux crayonnés. Il était renommé pour son « style sauvage et distinctif qui a envahi les bulles de textes avec virulence ». Il meurt d'un cancer du poumon en septembre 1956. 

Était-ce à Saragota, réalisé en 1937 par Jack Conway, sur un scénario d’Anita Loos http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/06/red-headed-woman.html, où Jean Harlow, victime d’une infection, mourut pendant le tournage, mais cela laisse à penser que Roy Nelson n’aurait pas été d’humeur à faire un dessin de cette nature, surtout quand on sait qu’elle s’évanouit de douleur dans les bras de Clark Gable.
Avant Saragota Jean Harlow partagea quatre fois la vedette avec Clark Gable pour la MGM : Red Dust (Victor Fleming, 1932), Hold Your Man (Sam Wood, 1933), China Seas (Tay Garnett, 1935), Wife vs. Secrerary (Clarence Brown, 1936). Pour les deux premiers, Gable n’avait pas encore de moustache, pour le troisième, il était coiffé d’un casque colonial ou portait des épaulettes sur sa veste d’uniforme, alors nous pencherons pour le film de Clarence Brown, faute de pouvoir vérifier en identifiant le metteur en scène grâce à la caricature de Roy Nelson, sans éliminer totalement le film de Garnett bien que celui-ci ne portât pas non plus de lunettes.


Hold Your Man (Dans tes bras), Sam Wood, 1933
China Seas (La malle de Singapour), Tay Garnett, 1935
Saratoga, Jack Conway, 1937

31 août 2012

Un peu plus sur Elmer

Pour Esquire, Elmer Simms Campbell créa Esky, le personnage emblématique du magazine for men. Mais son registre, déjà entrevu ici  http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4499126673120624220#editor/target=post;postID=8157825836040950680 ne s’arrêtait pas là : http://en.paperblog.com/e-simms-campbell-11029/

Le site d’Esquire propose toutes ses couvertures à cette adresse : http://www.esquire.com/cover-detail?year=1934&month=1#img









26 août 2012

Les nuits de Harlem


E. Simms Campbell, 1932

Elmer Simms Campbell, né en 1906 à St. Louis (Missouri), étudie au Chicago Art Institute, puis, installé à New York, reçoit l’enseignement de George Grosz à l’Art Students League, avant de devenir au début des années trente un des dessinateurs vedettes d’Esquire, mais aussi de collaborer au New Yorker, au Chicagoan, à Cosmopolitan, Life, Judge et Playboy, où son trait virtuose et élégant — et son art de la pin-up — exalte l’American Way of Life. Ce panorama de Harlem, qu’il offrit à Cab Calloway dont il fut l’ami, semble être une exception dans sa carrière où rien dans son œuvre reconnue, à cette époque ségrégationniste, ne laisse transparaître sa couleur de peau. Il fut le premier Noir à s’imposer dans cette profession (si l’on excepte George Herriman qui œuvra dans un circuit différent).




Si l’on s’en tient aux rares indices disponibles, son implication dans la bande dessinée est restée modeste. Phantom of Island est d’autant plus une curiosité que les protagonistes y sont noirs. 

E. Simms Campbell, Phantom Island 
(pour le New York Amsterdam News syndicate, du 6 avril au 25 mai 1940)