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4 septembre 2015

Exilés



Joseph Roth, Eva Hermann, vers 1935

Bertolt Brecht, Eva Hermann, vers 1937

Lion Feuchtwanger, Eva Hermann, à Sanary-sur-Mer, 1934

Arnold Zweig, Eva Hermann

Albert Einstein, Eva Hermann, 1931


Pour en savoir plus sur Eva Hermann, rendez-vous à la source :
http://kuenste-im-exil.de/KIE/Content/EN/Persons/herrmann-eva-en.html



n°476

19 février 2014

Quelques Wolff dans Ulk



Fritz Wolff, Ulk, 31 mai 1929

Fritz Wolff (1897-1946) collabora à Die Rote Fahne puis à Ulk au début des années vingt, et à nouveau à fin de cette décennie. Nous l’avions déjà croisé à plusieurs reprises dans Lachen Links http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/search/label/Fritz%20Wolff avec des scènes de foules dans le même esprit.  
Dans l’émigration, il publia dans le Pariser Tageblatt (rappelons qu’Ulk était un supplément du Berliner Tageblatt), puis s’occupa de l’édition du Pariser Tageszeitung, histoire mouvementée qui fut évoquée par Lion Feuchtwanger dans son roman Exil


Fritz Wolff, Ulk, 14 février 1930

Fritz Wolff, Ulk, 21 mars 1930

Fritz Wolff, Ulk, 25 avril 1930

24 novembre 2012

À Prague avec Adolf Hoffmeister



Adolf Hoffmeister, Simplicus n°4, 1934
L’ordonnance : “Nous vous annonçons humblement le nouveau magazine, le Simplicus. ”
Le censeur : “Attendez un peu, je dois tailler mon crayon !”



Adolf Hoffmeister est né à Prague en 1902 dans une famille aisée propriétaire d’un grand hôtel. Il voyage à Paris en 1922 où il côtoie le groupe surréaliste, se lie à Soupault et à Tzara, rencontre Le Corbusier, et s’engage alors dans la peinture tout en finissant ses études de droit une fois rentré à Prague. Mais en 1925, son doctorat en poche, il débute dans la caricature, tant de portrait (Cocteau, Maiakovski, Pasternak, Kafka, Seifert, Gorki, Aragon, Joyce…) que politique, particulièrement après l’arrivée de Hitler au pouvoir, dans le Simplicus (http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/le-simplicissimus.html). Il émigre en 1939 vers la France où il est tenu pour un agent de Moscou suite au pacte germano-soviétique, mais parvient à gagner le Maroc, puis le Portugal, Cuba et enfin les États-Unis où, avec Antonín Pelc (http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2012/11/a-prague-avec-antonin-pelc.html)il expose au musée d’art moderne de New York. 

Adolf Hoffmeister et Antonín Pelc entourant le président Beneš en exil 
lors du vernissage de leur exposition au Musée d’art moderne de New York, en 1943

En 1945, il est désigné pour représenter la Tchécoslovaquie à l’UNESCO qui siège à Paris, puis devient ambassadeur de son pays en France après le coup de force communiste en 1948, jusqu’au moment du procès Slansky, en 1951, où il est rappelé à Prague et ramené désormais à la seule fonction de professeur à l’école supérieure de cinéma et des arts graphiques (VSUM-PRUM). Dans cette deuxième partie de sa vie, s’il n’abandonne pas la caricature, il privilégie cependant le collage et l’illustration. Hoffmeister meurt en 1973, de retour dans son pays, après avoir quitté la Tchécoslovaquie pour revenir en France quand les troupes du Pacte de Varsovie achevèrent le printemps de Prague, pour y être enseignant à l’université de Paris VIII, à Vincennes.



L’art dans le IIIe Reich, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°1, 1934



Le IIIe Reich en avril : on ne voit plus la famille Goebbels à aucune festivité
car elle se consacre entièrement à des tâches spirituelles
, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°10, 1934



Pablo Picasso peignant Guernica, Adolf Hoffmeister, 1937


Le bienfaiteur : “Bientôt je vous donnerai du gaz pour rien”, Adolf Hoffmeister, Simplicus n°34, 1934 



17 février 2012

Job et son livre


J’ai lu et relu Job sous le titre Le Poids de la grâce, sans bien comprendre le pourquoi de ce titre que seule la deuxième traduction française avait adopté dans les années soixante.
Ce roman de Joseph Roth fut publié en 1930 à Berlin, et dès 1931 à Paris. Il vient d’être traduit pour la troisième fois, et son titre original a été rétabli. Qu’il soit lu, c’est une merveille.
Par ailleurs, dans les années vingt en Europe, Joseph Roth fut un chroniqueur itinérant pour plusieurs journaux allemands où il fit montre d’une rare clairvoyance.

« Aucun musée, aucune église ne saurait me dédommager du sinistre spectacle que m’offre, par exemple, la devanture d’une librairie dans une petite ville. L’on y trouve une telle abondance représentative de bêtise, de dilettantisme lyrique, d’art régionaliste et de fausses idylles, d’attachements verbeux à une glèbe de papier journal ou de carton, tout juste bonne à empaqueter un chapeau haut de forme, et totalement dépourvue de tout sentiment, graine ou semence ! De cette grisaille de sépulcre, répandue sur des millions de “camarades”, voilà que surgit, à la lumière du jour, une littérature d’écrivains-fantômes qui jouissent de gros tirages et se moquent des lois sur l’immortalité et la  pornographie parce qu’ils sont pour devise la “chasteté”, la “virilité” barbue, et ouvrent ainsi la voie à un autre grandiose sous le signe du Troisième Reich. Quelle énorme quantité de poison dans ces calices d’un bleu de violette ! De la face énergique du didacteur welche au regard noblement tourné vers le nord, et au menton qui fait songer à un casque d’acier renversé, à la figure d’un Adolf Hitler dont les grimaces ont devancé celle de ses électeurs, et où chaque partisan peut constater, comme dans un miroir, que tout est déjà là : les Dinter* et les Lauff**, la bête immonde et son âme, le doré sur tranche et le filet de sang. Que l’on mette la table ! Que le petit âne se couche ! Que l’on sorte les matraques ! (…) »
* Écrivain à succès qui fut député nazi.
** Écrivain régionaliste annobli par Guillaume II.

Lettre du Hartz, 14 décembre 1930, Frankfurter Zeitung (trad. Jean Ruffet, in Croquis de voyage, Seuil)



Le 8 octobre 1930, Roth écrit à Stephan Zweig, de l’hôtel Foyot, à Paris :
« (…) Le 13, je pars d’ici. J’entreprends un circuit des villes allemandes pour le compte de la Frankfurter Zeitung. Mon livre [Job] sortira après-demain. Je suppose que vous avez entre-temps reçu de ma maison d’édition une lettre importune vous demandant un compte rendu. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. (…) »
Le 20 novembre, dans une lettre expédiée de Goslar*, toujours à Zweig avec lequel il tint une correspondance nourrie, il revient sur la fortune de Job :
« Puisse Dieu vous écouter et faire que vous ayez raison quand vous évoquez les chiffres de vente élevés de Job. Jusqu’à aujourd’hui, 8500 exemplaires ont été vendus, c’est beaucoup pour moi. Mais ce n’est pas assez au regard des problèmes financiers que connaît la maison d’édition Kiepenhauer. Ni Feuchtwanger ni Heinrich Mann ne se vendent bien. (…) »

* Ville de Basse-Saxe, au pied du massif du Harz.