19 juillet 2013

Rubey démasqué !


Le feuilleton de l’été À la recherche de Rubey fait long feu.
Le trou dans l’histoire tout récemment évoqué s’est brusquement comblé en y regardant d’un peu plus près. http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/un-trou-dans-lhistoire.html
Une erreur que le maquettiste du Jugend — ou son secrétaire de rédaction — commettait parfois met fin à toutes les conjectures sur l’identité de Rubey, quand il confondait le K et le R de sa signature (ressemblance qui a embrouillé aussi les concepteurs du site du Jugend dans la mise au point de leur index, attribuant à Kriesch, en 1935, bien des dessins signés Rubey).


Jugend, 1935, Rubey, identifié dans l’index du site du Jugend comme un Kriesch,
ce qu’il devait souhaiter si l’on en croit l’initiale K.  

Jugend, 1935, Rubey/Kriesch


Ainsi, Rubey n’est autre que le pseudonyme de Rudolf Kriesch, Autrichien né à St-Pölten en 1904 et mort à Munich en 1992, qui collabora au Simplicissimus de 1931 à 1944, et au Jugend de 1931 à 1936 (cette même année où « Rubey » disparut de ses pages). Ce masque n’avait sans doute pour fonction que de ne pas paraître trop envahissant dans les deux magazines, le réservant à une majorité de ses dessins pour le Jugend.


Jugend, 1936, Rudolf Kriesch, comme lindique aussi lindex du site du Jugend.
Jugend, 1936, Rubey, lautre moitié du dessin,
le R montre bien que Kriesch voulait qu’il fût signé Rubey,
comme lindique aussi lindex du site du Jugend.

S’il est possible de définir une différence entre les deux hétéronymes, risquons que Kriesch, dès avant l’installation des nazis au pouvoir, proposait des sujets frivoles, voire mondains avec un goût pour les femmes séduisantes, alors que son double Rubey s’attachait davantage à l’évocation des populations plus modestes.
Mais terminons tout de même le cycle « Rubey » avec deux dessins de l’année 1936 parmi une douzaine où Kriesch en finit avec ce pseudonyme en rendant des dessins à connotation politique, pleine page, en phase avec la politique étrangère du Reich, tâche (à contre-emploi ?) qu’il ne poursuivit pas l’année suivante dans le Simplicissimus, se spécialisant plutôt dans la rubrique futilités & loisirs.  



Rubey, Jugend, 1936

Rubey, Jugend, 1936

Nous avions déjà croisé brièvement Kriesch dans cette colonne : 

17 juillet 2013

Un trou dans l’histoire



Rubey, Jugend, 1935

Rubey est toujours aux abonnés absents, mis à part ses publications pendant quatre ans dans le Jugend, comme un trou (ein Loch) entre la page 63 et 64 du grand dictionnaire des dessinateurs. 



Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935


Rubey, Jugend, 1935




15 juillet 2013

Hommage au Père et Fils



Anton Leidl, Jugend, 1935


Le peintre et dessinateur Anton Leidl (1900-1976) collabora de loin en loin au Simplicissimus de 1926 à 1932, et de beaucoup plus près au Jugend de 1924 à 1937, surtout à partir de 1930.
Nous ignorons le motif de cet arrêt (départ ou éviction), mais un indice pourrait être sa sympathie pour Erich Ohser/e.o. plauen, lequel, en décembre 1937, interrompit définitivement Vater und Sohn.
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/01/les-bottes-du-tsar.html
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/ohser-le-grand-ecart.html



13 juillet 2013

Double reflet d’un maréchal



La captivité de Piłsudski en Sibérie tsariste

La captivité de Piłsudski en Sibérie tsariste


L’engagement de Zdzisław Czermański lors de la Première Guerre mondiale dans les Légions polonaises du futur maréchal Piłsudski, côté autrichien pour une Pologne indépendante contre la Russie puis l’Union soviétique, a produit chez le dessinateur tout un ensemble de travaux très contrastés, certains hagiographiques, d’autres dans une veine satirique (mais sans doute autorisée), comme dans l’ouvrage 13 Karykaturach d’abord publié à Paris en 1931 en collaboration avec le poète Jan Lechoń, attaché culturel à l’ambassade de Pologne, avant qu’une version avec treize autres dessins paraisse en 1935 à Varsovie, à la mort du l’autocrate.
http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/07/le-polonais-de-fortune.html


Paris, 1931


Version de 1935

dessin fait à Lwów, 1925










Le Maréchal Piłsudski parmi ses conseillers


Ancien et nouvel an en Pologne


Cours de natation pour les ministres


6 juillet 2013

Le Polonais de Fortune



Zdzisław Czermański, Fortune, 1932


Zdzisław Czermański, Fortune, 1932


Zdzisław Czermański, Fortune, 1932


Zdzisław Czermański, Fortune, 1932


Zdzisław Czermański, Fortune, 1933


Zdzisław Czermański, Fortune


Zdzisław Czermański, Fortune


à bord du S. S. Bremen, Fortune, 1932

Zdzisław Czermański, né à Cracovie en 1896, s’engage dans les Légions polonaises de Józef Piłsudski pendant la Première Guerre mondiale, étudie à Lwów avec Kazimierz Sichulski, collabore aux revues Szczutk et Cyrulik Warszawski (Le Barbier de Varsovie) avant de se rendre à Paris auprès de Fernand Léger, expose à la galerie Charpentier en 1930, travaille pour le magazine anglais Graphic, émigre aux États-Unis en 1931 à l’invitation du magazine Fortune dont il sera un des caricaturistes phares pendant trois ans avant de revenir en Pologne qu’il dut fuir en 1939 pour regagner les États-Unis, en 1941, via le Portugal et le Brésil.


Aristide Briand

 Kaunas, 1940

5 juillet 2013

Ohser, le grand écart



Erich Ohser, Jugend 1934


Avant d’adopter le pseudonyme d’e. o. plauen pour créer le populaire Vater und Sohn (Père et fils) publié par le Berliner Illustrirte Zeitung, en 1934, Erich Ohser dessina quelques vignettes anodines pour le Jugend, pour la dernière fois sous son nom. 


Erich Ohser, Jugend 1934

Erich Ohser, Jugend 1934

Erich Ohser, Jugend 1934

Erich Ohser, Jugend 1934





Erich Ohser, Vorwärts (journal social-démocrate interdit en 1933), 1931

1 juillet 2013

Rubey court toujours



Rubey, Jugend, 1934


En 1934, Rubey continue de publier régulièrement dans le Jugend désormais nazi (les dignitaires nazis ont chacun leur tour l’honneur de sa couverture) mais ses dessins, intemporels et sympathiques, restent en dehors du champ politique. 


Erich Ohser, Rubey, Jugend, 1934

A-t-il eu une attitude comparable à celle d’Erich Ohser (alias e. o. plauen) qui ne collabora que cette année-là au magazine, pour des dessins plus innocents encore, avant de devoir se protéger tant qu’il put jusqu’à son suicide en 1944 ? http://plusoumoinstrente.blogspot.fr/2013/01/les-bottes-du-tsar.html

Cependant, au vu des titres de ses tout derniers dessins publiés en 1936, il semble bien que la politique le rattrape, de gré ou de force, en tout cas avec des dessins antisoviétiques. À suivre dès que la mise en ligne des dessins de cette année-là sera effective sur le site du Jugend



Rubey, Jugend, 1934

Rubey, Jugend, 1934

Rubey, Jugend, 1934

Rubey, Jugend, 1934

Rubey, Jugend, 1934